lundi, janvier 19, 2026

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1ère édition Dakar Business Connect : Zoom sur les enjeux et atouts de la Titrisation

Dans un contexte mondial marqué par la raréfaction des financements concessionnels, le durcissement des conditions sur les marchés internationaux et le repli de l’aide publique au développement en Afrique subsaharienne, la question du financement du développement s’impose comme un enjeu central pour les économies de l’UEMOA. Les États et le secteur privé doivent faire face à des besoins massifs en infrastructures, en services publics et en investissements productifs, alors même que les marges budgétaires se resserrent et que la soutenabilité de la dette devient un impératif.

C’est dans ce cadre que la titrisation s’affirme progressivement comme une alternative crédible. Le samedi 17 janvier s’est ouvert à Dakar le Forum Dakar Business Connec, un événement innovant organisé par Le Marché et qui a réuni l’élite du secteur financier et économique. « L’objectif de cette première édition du Dakar Business Connect est de clarifier le concept de la titrisation et son utilité dans le financement du développement », a déclaré Dr Abdou Diaw, initiateur de l’événement, fondateur et directeur de publication du magazine Le Marché. Selon lui, il s’agit également de « mettre en lumière les opportunités qu’elle offre aux États, aux entreprises, aux banques et aux investisseurs institutionnels, tout en identifiant les contraintes, les risques et les prérequis nécessaires à un recours efficace et soutenable à cet outil financier ».

Dans l’espace UEMOA, la titrisation gagne du terrain, bien que sa contribution reste encore marginale. Depuis 2016, environ 1 900 milliards de FCFA ont été mobilisés sur le marché financier régional à travers des fonds communs de titrisation. À la BRVM, 10 fonds communs de titrisation et de créances et 2 structures de titrisation sont cotés, représentant moins de 5 % de la capitalisation obligataire totale. Un niveau encore faible au regard des besoins de financement de long terme, estimés à plusieurs milliers de milliards de francs CFA sur les prochaines décennies.

Au Sénégal, toutefois, la dynamique s’accélère. Après des opérations pionnières menées par des institutions régionales et des entreprises, la titrisation s’impose comme une solution de diversification des sources de financement. « Le sujet qui nous réunit aujourd’hui n’est pas seulement technique. Il est profondément politique, économique et stratégique », a souligné Moustapha Faye, Directeur général de KF Titrisation. Pour lui, les économies de la sous-région sont confrontées à une triple exigence : « financer plus, financer mieux et financer autrement ».

Selon Moustapha Faye, la titrisation répond précisément à cette équation. « Elle permet de convertir une valeur économique existante en capacité de financement durable, sans alourdir le passif souverain ni saturer les bilans des banques ». Dans une zone où les encours de crédits bancaires dépassent 35 000 milliards de FCFA, le décalage entre les besoins de financement à long terme et les capacités actuelles demeure structurel.

Pour autant, la titrisation n’est pas une panacée. « Ce forum voit le jour dans un contexte où la titrisation n’est plus seulement un outil financier, mais tend à devenir une véritable infrastructure de marché », a insisté le DG de KF Titrisation, rappelant que son efficacité repose sur des actifs traçables, une gouvernance rigoureuse et la confiance durable des investisseurs. « La titrisation n’est ni une solution miracle, ni une fin en soi, mais lorsqu’elle est bien conçue et bien encadrée, elle devient un instrument capable d’aligner capital, développement et stabilité financière ».

Pour Dr Abdou Diaw, Dakar Business Connect ambitionne ainsi de devenir « un cadre d’échanges structuré et pérenne entre les acteurs de l’écosystème financier », afin de stimuler le débat et d’accompagner l’émergence d’un marché de la titrisation plus mature au sein de l’UEMOA. À l’heure où les besoins annuels de financement des infrastructures en Afrique sont estimés entre 130 et 170 milliards de dollars, la titrisation s’impose désormais comme un levier stratégique incontournable pour financer durablement le développement.

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