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Marchés carbone : l’Afrique veut attirer davantage d’investissements

L’Afrique veut accélérer la mise en œuvre de marchés carbone capables d’attirer des investissements à long terme, tout en garantissant une meilleure redistribution de la valeur aux pays et aux communautés. Ce message a dominé les premières sessions du Carbon Markets Africa Summit (CMAS) 2026, organisé à Kigali, au Rwanda, avec la participation de représentants de 46 pays, dont 21 pays africains.

Les discussions ont porté sur le passage de la préparation des marchés à la réalisation des projets et des transactions. À l’ouverture du sommet, la ministre rwandaise de l’Environnement, Dr Bernadette Arakwiye, a appelé à développer des marchés fondés sur l’intégrité, l’innovation et les priorités africaines. Elle a identifié trois leviers : des méthodologies adaptées aux réalités du continent, des financements pour préparer les projets et une demande à long terme assortie de prix équitables.

La ministre a également plaidé pour une diversification des projets financés par le carbone, notamment dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, la gestion des déchets, la décarbonation industrielle, l’agriculture et les solutions fondées sur la nature.

Pour Hamad Yusuf Masauni, ministre d’État tanzanien chargé des Affaires de l’Union et de l’Environnement, l’enjeu est désormais de faire aboutir les projets jusqu’à l’émission et à l’achat effectifs des crédits carbone. Il a insisté sur « la nécessité de privilégier les projets de qualité et bancables plutôt que de se limiter à la constitution de portefeuilles. »

L’intégrité comme critère d’investissement

La question du partage des bénéfices avec les populations locales a également été soulevée. Maxwell Gomera, représentant résident du PNUD en Afrique du Sud et directeur de l’Africa Sustainable Finance Hub, a plaidé pour des droits communautaires solides, des mécanismes de partage des bénéfices et des financements en phase initiale.

Perumal Arumugam, responsable à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a, pour sa part, appelé l’Afrique à privilégier la qualité des crédits plutôt que leur prix. Le succès des marchés carbone doit aussi se mesurer aux investissements mobilisés, aux réductions d’émissions réalisées et aux retombées pour les communautés.

La Commission européenne a également insisté sur les exigences de qualité. Lukas Visek, responsable adjoint de la Task Force chargée de la tarification et des marchés carbone, a rappelé que « l’additionnalité et la permanence ne sont pas négociables ».

Les échanges avec la Banque africaine de développement (BAD), la Development Bank of Southern Africa (DBSA) et le Kigali International Financial Centre ont mis en évidence plusieurs conditions pour attirer les investisseurs : stabilité réglementaire, préparation des projets, gouvernance solide et partage des risques.

Pour Anthony Nyong, directeur du Département du changement climatique et de la croissance verte de la BAD, « Nous n’avons pas de projets carbone. Nous avons des projets de développement ». Greg Fyfe, directeur des investissements de la DBSA, a souligné « le rôle des institutions de financement du développement dans la préparation des projets et la prise en charge de certains risques. »

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