L’Ouganda a enregistré 1,5 milliard de dollars d’exportations de marchandises en août 2026, en hausse de 36 % sur un an. Avec 889 millions de dollars générés par l’or, soit près de 59 % des ventes extérieures, le métal précieux confirme son poids dans les échanges du pays. Cette performance reflète aussi le rôle de plateforme régionale de raffinage et de négoce que Kampala développe.
Selon un rapport du ministère des Finances, les exportations ougandaises sont passées de 1,1 milliard de dollars en août 2025 à environ 1,5 milliard en août 2026. Les recettes tirées de l’or ont progressé de 68,9 % sur un an.
L’Ouganda ne produit toutefois pas l’ensemble de l’or qu’il exporte. Une partie du métal précieux est achetée à l’étranger, puis raffinée ou réexportée depuis le pays. La République démocratique du Congo et le Soudan du Sud figurent parmi les sources d’approvisionnement citées dans les analyses du commerce régional.
En 2025, selon la base de données WITS de la Banque mondiale, les exportations ougandaises d’or recensées ont atteint environ 6,4 milliards de dollars, pour 60,3 tonnes. Les importations de cette catégorie ont représenté près de 6,4 milliards de dollars, pour 63,6 tonnes.
Ces chiffres illustrent l’importance des flux commerciaux, sans permettre de déterminer précisément la part de l’or importé ensuite réexporté. La valeur brute des exportations ne correspond pas nécessairement à la richesse créée localement : celle-ci dépend notamment de la transformation, des salaires, des services mobilisés et des recettes fiscales.
Un équilibre extérieur sous pression
Les exportations d’or procurent des devises à l’Ouganda, mais leur hausse ne garantit pas une amélioration de la balance commerciale. En juillet 2026, les exportations avaient progressé de 10,1 % sur un an, à 1,40 milliard de dollars, tandis que les importations atteignaient 1,61 milliard, en hausse de 25,4 %. Le déficit commercial s’élevait alors à 210 millions de dollars.
Le pays prévoit également de lancer la production commerciale de pétrole brut au début de 2027, dans l’ouest de son territoire. Selon le ministère des Finances, cette activité devrait renforcer les recettes en devises à moyen terme.
L’enjeu pour Kampala sera de convertir ces flux miniers et pétroliers en valeur ajoutée locale, en emplois et en recettes publiques durables, tout en limitant sa dépendance aux matières premières et aux fluctuations des cours mondiaux.


