Dans un environnement réglementaire et fiscal de plus en plus exigeant, le Groupe Sonatel confirme la solidité de son modèle économique. Selon la note d’analyse « Hawk’s View – Focus SONATEL » publiée par Impaxis Group en février 2026, l’opérateur télécoms affiche, au troisième trimestre 2025, une performance financière robuste, soutenue par la croissance de ses revenus, une discipline accrue sur les charges et une forte capacité de génération de cash-flow.
Le chiffre d’affaires du groupe progresse de +8,6 % en glissement annuel, traduisant la bonne tenue des activités mobiles, data et services digitaux sur l’ensemble de ses marchés. Cette dynamique se reflète encore davantage au niveau de la rentabilité opérationnelle. L’EBITDAaL enregistre une croissance de +11,5 %, supérieure à celle du chiffre d’affaires, « grâce à la bonne performance des revenus et aux efforts de maîtrise des charges », souligne le rapport.
Au plan des investissements, Sonatel a engagé un CAPEX trimestriel de 311 milliards de FCFA, en hausse de +8 %, traduisant la poursuite de sa stratégie d’expansion et de modernisation des réseaux. Sur la période analysée, les investissements cumulés atteignent 201,3 milliards de FCFA, en progression de +2,6 %. Ces ressources sont principalement orientées vers « l’accélération du déploiement des réseaux Très Haut Débit fixe et mobile », la transformation digitale interne et le renforcement des synergies régionales.
Présent dans cinq pays – Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau et Sierra Leone – le groupe conserve une position dominante sur son marché domestique. Au Sénégal, Sonatel détient environ 57 % de parts de marché sur le mobile, 63 % sur l’internet et près de 98 % sur le fixe, une situation qualifiée de « quasi-monopole » dans ce segment.
L’année 2025 a également été marquée par des évolutions structurantes, notamment la prise de fonction de M. Brelotte Ba en tant que Directeur général le 1er août 2025, ainsi que l’inauguration du premier data center national en Guinée. Sur le plan régional, le groupe a renforcé sa présence à travers un contrat d’expertise au Nigeria avec Phase 3 Telecom, illustrant ses ambitions au-delà de l’espace UEMOA.
Toutefois, l’environnement réglementaire demeure un facteur de vigilance. Le rapport relève un « renforcement du cadre fiscal et réglementaire », avec notamment l’introduction de nouvelles taxes sur les transferts d’argent et des droits de douane sur les terminaux mobiles au Sénégal, susceptibles de peser sur certaines marges à moyen terme.
Sur le plan boursier, le titre Sonatel s’échangeait à 26 900 FCFA au 4 février 2026, pour une valeur intrinsèque estimée à 37 871 FCFA. En matière de distribution, deux scénarios sont envisagés : un dividende optimiste à 2 171 FCFA au titre de l’exercice 2025 ou un maintien à 1 839 FCFA, niveau de 2024. Impaxis estime que « le management dispose des incitations et de la capacité financière nécessaires pour maintenir le dividende au moins à son niveau précédent », en s’appuyant sur « une forte génération de cash-flow récurrent » et « une politique de dividende conservatrice et prévisible ».
Dans un contexte sectoriel marqué par la transformation numérique et l’intensification de la concurrence, Sonatel continue ainsi de « créer durablement de la valeur » tout en contribuant à « la transformation numérique inclusive de l’Afrique de l’Ouest ».


