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Conflit au Moyen-Orient : 29 monnaies africaines sous pression

Le conflit au Moyen-Orient exerce une pression croissante sur les économies africaines, déjà fragilisées par des chocs externes répétés. Selon une note conjointe de la Banque africaine de développement (BAD), de la Commission de l’Union africaine (CUA), du PNUD et de la CEA, « la poursuite et l’escalade du conflit aggravent l’instabilité mondiale », avec des effets directs sur les marchés de l’énergie et la sécurité alimentaire du continent.

Les chiffres illustrent l’ampleur du choc. Les prix mondiaux du pétrole ont progressé de plus de 50 % à fin mars 2026, tandis que 29 monnaies africaines se sont dépréciées. Cette double pression renchérit à la fois le coût du service de la dette extérieure et celui des importations stratégiques, notamment les denrées alimentaires, les carburants et les engrais.

Cette situation est aggravée par les perturbations des chaînes d’approvisionnement énergétiques dans le Golfe, qui limitent l’accès à des intrants essentiels comme l’ammoniac et l’urée. En pleine période de semis, entre mars et mai, ces tensions « mettent en péril la production agricole » et accentuent les risques d’insécurité alimentaire, en particulier pour les ménages à faible revenu et les pays fortement dépendants des importations.

Au-delà de l’urgence, les institutions africaines alertent sur la rapidité de propagation des chocs. Le rapport souligne que leurs effets se diffusent « plus rapidement que lors des perturbations mondiales passées », réduisant la capacité d’ajustement des économies africaines.

Pour Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, « l’Afrique a subi trop de chocs externes dont elle n’est pas responsable », appelant à « une action décisive » pour protéger les populations et accélérer les transformations structurelles. Dans le même esprit, Ahunna Eziakonwa (PNUD) estime qu’avec « des choix politiques éclairés » et des instruments financiers adaptés, le continent peut « sortir renforcé, plus autonome ».

Face à cette situation, les institutions proposent une feuille de route articulée autour de trois axes. À court terme, il s’agit de stabiliser les prix et de protéger les ménages. À moyen terme, les priorités portent sur la sécurité énergétique, la protection sociale et le commerce régional via la ZLECAf. Enfin, à long terme, l’accent est mis sur la mobilisation des ressources internes et la mise en place de mécanismes africains de stabilité financière.

Comme le résume le président de la BAD, Sidi Ould Tah, « la réponse de l’Afrique doit évoluer, passant de la gestion des chocs à la construction de la résilience ». Un impératif dans un contexte où la multiplication des crises redéfinit durablement les équilibres économiques mondiaux.

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