mardi, mars 3, 2026

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Blocage du détroit d’Ormuz : Les risques d’un choc énergétique mondial

La montée des tensions au Moyen-Orient fait peser un risque économique majeur sur les marchés mondiaux de l’énergie. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent environ 20 millions de barils de pétrole par jour — soit près de 20 % de la consommation mondiale quotidienne — est désormais « fermé » selon les Gardiens de la Révolution iraniens. « Si des navires tentent de le franchir, les héros des Gardiens de la révolution et la marine y mettront le feu », a déclaré Ebrahim Jabari, conseiller du commandant en chef de l’armée idéologique de la République islamique.

Cette menace a immédiatement provoqué un choc sur les marchés. À l’ouverture, le Brent, référence internationale, a bondi de plus de 13 %, dépassant les 82 dollars le baril. Il a finalement clôturé en hausse de 7,26 % à 77,74 dollars, soit environ 15 dollars de plus qu’en début d’année. Le West Texas Intermediate (WTI) américain a terminé à 71,23 dollars (+6,28 %). Le gaz européen a, lui, progressé de plus de 39 %, après un pic supérieur à 50 % en séance.

Au-delà des effets spéculatifs, le risque porte sur l’offre physique. Le détroit d’Ormuz constitue un goulet d’étranglement pour les exportations de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Irak et du Qatar. Selon l’analyste Andy Lipow, « à chaque jour de paralysie, ce sont 20 millions de barils de pétrole qui n’atteignent pas leur marché ». Même si le passage n’est pas officiellement bloqué, l’explosion des primes d’assurance a conduit plusieurs grandes compagnies maritimes à suspendre leurs traversées, entraînant une « fermeture de facto ».

Les infrastructures énergétiques régionales sont également ciblées. QatarEnergy a annoncé l’interruption de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) après des attaques contre deux de ses principaux sites. En Arabie saoudite, la raffinerie de Ras Tanura exploitée par Saudi Aramco a suspendu certaines opérations après un incendie provoqué par une attaque. Un terminal pétrolier d’Abou Dhabi a aussi été visé.

Les conséquences économiques pourraient être particulièrement lourdes pour l’Asie, destination de plus de 80 % des flux transitant par Ormuz, selon l’Agence internationale de l’Énergie. Mais l’Europe n’est pas épargnée : l’arrêt des exportations de gaz du Golfe « pourrait avoir de graves répercussions sur la sécurité énergétique », avertit Eurasia Group.

Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, la volatilité des prix renforce les pressions inflationnistes mondiales et ravive les inquiétudes sur la croissance.

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