La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) tient, ce mercredi 4 mars à son siège à Dakar, la première réunion ordinaire de son Comité de Politique Monétaire (CPM) au titre de l’année 2026. Marchés financiers, banques commerciales et États membres de l’UEMOA attendent avec attention la décision qui sera prise sur le taux directeur, dans un contexte régional marqué par des tensions sur les prix, des besoins accrus de financement et la guerre au Moyen-Orient.
À quelques heures de l’ouverture de la session, les yeux restent rivés sur le siège de la BCEAO, sis à l’avenue Abdoulaye Fadiga, à Dakar. L’enjeu est clair : l’institution d’émission maintiendra-t-elle le statu quo ou amorcera-t-elle un ajustement de son principal taux directeur ? La décision du CPM est scrutée de près, car elle influence directement le coût du crédit dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Une hausse du taux directeur renchérit l’accès au financement pour les banques et, par ricochet, pour les entreprises et les ménages. À l’inverse, un maintien, voire une baisse, pourrait soutenir l’activité économique, mais au risque d’alimenter des pressions inflationnistes si celles-ci persistent.
Lors de sa dernière réunion, tenue à la fin de l’année 2025, le Comité avait opté pour le maintien de ses principaux taux directeurs à 3,25 %, estimant que les mesures déjà prises produisaient des effets graduels sur la dynamique des prix et la liquidité bancaire. La BCEAO avait alors mis en avant une évolution globalement maîtrisée de l’inflation dans l’Union, tout en soulignant la nécessité de rester vigilante face aux incertitudes extérieures, notamment la volatilité des cours des matières premières et les tensions géopolitiques.
Depuis, plusieurs indicateurs sont scrutés par les analystes, notamment l’évolution des prix à la consommation, le rythme de la croissance dans l’espace UEMOA, le niveau des réserves de change et la dynamique du marché des titres publics. Les récentes levées de fonds des États sur le marché régional, ainsi que les besoins de financement liés aux investissements publics, ajoutent à la sensibilité de la décision attendue.
La réunion de ce 4 mars 2026 intervient ainsi à un moment charnière. Pour les opérateurs économiques, un signal de stabilité serait interprété comme une volonté de consolider la reprise. Un resserrement monétaire, en revanche, traduirait la priorité accordée à la lutte contre l’inflation et à la préservation des équilibres macroéconomiques. La décision du Comité de Politique Monétaire, attendue à l’issue de la session, donnera le ton de l’orientation monétaire de l’Union pour les mois à venir.

