Le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) a procédé, le 10 mars 2026, au lancement officiel de son catalogue de formation continue, un outil présenté comme stratégique pour renforcer les compétences et soutenir la compétitivité des entreprises au Sénégal.
Pour le directeur général du 3FPT, Dr Babo Amadou Ba, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation économique portée par la Vision Sénégal 2050, qui place le capital humain au cœur du développement national. « Ce mardi 10 mars 2026 marque une date décisive pour le lancement du catalogue de formation continue. C’est un outil stratégique pour servir le renforcement du capital humain ainsi que la compétitivité des entreprises pour le développement économique du Sénégal », a-t-il déclaré.
Selon lui, la formation professionnelle constitue un levier essentiel pour bâtir une économie performante et inclusive. « Le Sénégal, à travers la Vision Sénégal 2050, a placé le capital humain au cœur de son processus. La formation professionnelle est un levier incontournable pour bâtir une économie compétitive, inclusive et durable », a-t-il souligné.
Le dispositif mobilise plusieurs catégories d’acteurs, notamment l’État, les entreprises et les établissements de formation. Le responsable du 3FPT rappelle que 611 établissements de formation participent aujourd’hui au dispositif, dont 473 structures privées et 138 établissements publics. Des partenaires techniques et financiers soutiennent également l’initiative, notamment Agence française de développement et la Banque mondiale, impliquées dans la digitalisation des processus.
Le lancement du catalogue répond aussi à plusieurs défis identifiés dans le système de formation professionnelle. Parmi eux figurent les lenteurs administratives dans le traitement des dossiers, les disparités de coûts de formation ou encore l’insuffisante évaluation de l’impact des programmes. Pour y remédier, le 3FPT a notamment mis en place un référentiel des prix ainsi qu’une structuration des formations par domaines, sous-domaines et compétences.
« C’est pour répondre à ces défis que nous lançons aujourd’hui le catalogue de formation continue. Ce catalogue constitue une innovation majeure, une réponse concrète et pragmatique aux besoins des entreprises et des organisations professionnelles », a expliqué le directeur général.
Le nouvel outil vise plusieurs objectifs. Il doit d’abord proposer aux entreprises des offres de formation adaptées à leurs besoins, mais aussi donner davantage de visibilité aux opérateurs accrédités. Il permettra également de réduire les délais de traitement des demandes de formation et de renforcer la collaboration entre les différents acteurs du secteur.
Au-delà de son aspect technique, ce catalogue s’inscrit dans une réforme plus large de la gouvernance du fonds. « Ce catalogue n’est pas seulement un outil technique. Il est le concept d’une nouvelle gouvernance fondée sur la transparence, l’efficacité et la digitalisation », a affirmé Dr Ba.
L’initiative s’inscrit également dans une stratégie économique plus globale reposant sur un secteur privé plus dynamique. Selon le responsable, plus de 18 000 milliards de FCFA doivent être mobilisés dans le cadre de la stratégie nationale de développement, dont 5 000 milliards attendus du secteur privé.
Les chiffres du marché du travail illustrent par ailleurs l’importance de ce dernier dans la création d’emplois. « L’enquête sur l’emploi et le secteur informel montre que 90,2 % des emplois sont créés par le secteur privé, moderne et informel. L’État n’en crée que 4,8 %, tandis que les ménages représentent 5 % », a-t-il précisé.
Dans ce contexte, le renforcement des compétences apparaît comme un levier central pour soutenir la croissance et l’emploi. « Lorsqu’on parle de croissance et de PIB, il s’agit de la somme des valeurs ajoutées créées par le secteur privé », a conclu Dr Babo Amadou Ba, insistant sur la nécessité de bâtir « un secteur privé fort et compétitif capable de contribuer pleinement à la transformation du Sénégal ».

