Déclaré candidat au poste de Secrétaire général des Nations unies, Macky Sall inscrit son ambition dans une dynamique de réforme et de modernisation du système multilatéral. À travers ses prises de parole récentes et ses orientations stratégiques, l’ancien président sénégalais esquisse les contours d’un programme centré sur la justice internationale, l’efficacité institutionnelle et la solidarité globale.
Au cœur de sa vision figure la réforme de la gouvernance mondiale. Macky Sall plaide pour « un multilatéralisme rénové, plus inclusif et plus représentatif des équilibres contemporains ». Il estime que la crédibilité de l’ONU dépend de sa capacité à intégrer davantage les pays du Sud dans les centres de décision. Dans cette perspective, il soutient une réforme du Conseil de sécurité afin d’y garantir une représentation permanente de l’Afrique. « L’Afrique ne peut continuer à être absente des instances où se prennent les décisions majeures pour la paix et la sécurité internationales », martèle-t-il.
Autre pilier central de son programme : la réforme du système financier international. Macky Sall défend l’idée d’un nouvel agenda économique mondial capable de corriger les déséquilibres structurels qui pénalisent les pays en développement. Il appelle à une meilleure redistribution des Droits de tirage spéciaux (DTS), à des mécanismes innovants de financement climatique et à une restructuration plus équitable de la dette. « Il est temps de bâtir un système financier qui ne sanctionne pas la vulnérabilité mais qui accompagne la résilience », affirme-t-il.
La transition énergétique juste constitue également une priorité. L’ancien chef de l’État soutient que la lutte contre le changement climatique doit s’articuler avec le droit au développement. Son programme met en avant une approche pragmatique : accélération des énergies renouvelables, soutien aux pays vulnérables et reconnaissance du principe de responsabilités communes mais différenciées. « On ne peut exiger les mêmes efforts de ceux qui ont historiquement le plus contribué aux émissions et de ceux qui en subissent aujourd’hui les conséquences », insiste-t-il.
Sur le plan de la paix et de la sécurité, Macky Sall prône un renforcement de la diplomatie préventive et de la coopération régionale. Il souhaite repositionner l’ONU comme un acteur central de médiation, capable d’anticiper les conflits plutôt que de les subir. La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notamment au Sahel, figure parmi ses priorités, avec un accent mis sur les réponses globales intégrant développement, gouvernance et sécurité.
Son programme accorde aussi une place importante à la sécurité alimentaire et à la souveraineté sanitaire. Les crises récentes ont, selon lui, démontré la nécessité de renforcer les chaînes de production locales et de consolider les systèmes de santé publique. Il plaide pour une coopération accrue en matière de recherche, de production pharmaceutique et de gestion des pandémies.
Enfin, Macky Sall met en avant une ONU plus proche des peuples, plus transparente et plus efficace. Il évoque la nécessité de rationaliser les procédures, d’améliorer la coordination entre agences et de renforcer la culture de résultats. « L’Organisation doit être exemplaire dans sa gouvernance pour rester légitime », soutient-il.
À travers ces grandes orientations, Macky Sall ambitionne de porter une candidature fondée sur l’équilibre Nord-Sud, la justice économique et la refondation du multilatéralisme. Son projet pour l’ONU se veut à la fois réformateur et rassembleur, dans un contexte international en quête de stabilité et de repères.


