Dans la zone Uemoa, les Fintechs ont jusqu’ à la fin du mois d’août pour se conformer à la réglementation de la BCEAO. Pour certains acteurs du secteur, un accompagnement plus concret et plus structuré est nécessaire pour « ne pas tuer les petites entreprises ». Les Fintechs de la zone UEMOA ont jusqu’à fin août pour se conformer à la réglementation mise en place par la BCEAO. Pour Elhadji Cheikhou Sall, fondateur et CEO de Lebalma, l’institution bancaire est bien dans son rôle qui consiste à réglementer, mais dans les règles de l’art. Cependant, il estime qu’il faut garder à l’esprit que les fintechs représentent une véritable révolution à l’ère du numérique. Elles apportent, à ses yeux, un souffle nouveau dans le monde de la finance, bousculent les codes et dynamisent un secteur où les banques traditionnelles se trouvaient parfois dans un certain confort.
Néanmoins, Elhadji Cheikhou Sall pense qu’une réglementation mal calibrée peut freiner l’innovation, surtout si elle est appliquée de manière précipitée et sans concertation avec les acteurs de l’écosystème. « Réglementer n’est pas mauvais, au contraire, mais cela doit se faire dans une parfaite harmonie entre protection du marché et soutien à l’innovation », suggère le CEO de Lebalma. Le principal problème à ses yeux, c’est de bloquer l’activité d’entreprises qui traitent des milliers de transactions et emploient de nombreuses personnes. « Imposer une réglementation d’urgence, sans un temps d’adaptation suffisant, met en péril non seulement les acteurs, mais aussi l’économie numérique dans son ensemble », ajoute-t-il.
Un accompagnement concret
Pour Mika Diol, fondateur de Kalispot, même s’il est nécessaire de réglementer, aujourd’hui, le cadre réglementaire avance souvent plus que l’accompagnement concret des acteurs. Il souligne qu’une révolution financière ne se décrète pas depuis un bureau à Dakar ou à Abidjan, mais se construit aussi avec les Fintechs.
« Pour les plus petites structures ce sera un choc. La mise en conformité demande des ressources financières, techniques et humaines que tout le monde n’a pas. Certaines vont disparaître ou être absorbées », prévient-il. Pour les plus solides, il considère qu’elles vont gagner en crédibilité et en légitimité, mais au prix d’une course d’obstacles. Au final, dit il, cette étape va accélérer la concentration du marché avec moins d’acteurs, mais plus solides à condition que la porte reste ouverte à l’innovation locale. « On ne peut pas juste imposer des règles, il faut aussi donner les moyens de les respecter. Je préconise des délais réalistes, étalés en fonction de la taille des structures, des programmes de formation et d’assistance technique financés en partie par la BCEAO et les gouvernements », exprime Mika Diol. À ses yeux, un « regulatory sandbox » à l’échelle UEMOA, permettrait aux Fintechs de tester leurs innovations dans un cadre sécurisé avant un déploiement massif.