Moody’s a abaissé, jeudi 29 octobre, pour la cinquième fois consécutive, les notes souveraines du Sénégal en devises étrangères, les faisant passer de « Caa2 » à « Ca ». Cette nouvelle dégradation concerne la note de l’émetteur à long terme et celle de la dette senior non garantie en devises étrangères. L’agence a toutefois relevé la perspective de « négative » à « stable », tout en avertissant que les créanciers privés extérieurs pourraient subir des pertes plus importantes que prévu dans le cadre de la restructuration envisagée de la dette.
Cette décision intervient moins de deux mois après une précédente dégradation de la note du Sénégal à « Caa2 ». Elle fait suite à l’annonce, en septembre, par les autorités sénégalaises de leur intention de solliciter une restructuration de la dette dans le cadre commun du G20.
Le pays cherche à réorganiser ses engagements après la révélation de passifs jusque-là non déclarés, qui ont considérablement aggravé sa situation budgétaire. La dette publique a ainsi été portée à environ 97 % du produit intérieur brut (PIB).
Depuis cette annonce, le Sénégal mène des discussions avec ses créanciers et le Fonds monétaire international (FMI) afin de rétablir la soutenabilité de sa dette, tout en préservant son accès aux marchés régionaux de financement.
L’UEMOA comme facteur de stabilité
Malgré la dégradation de la note, Moody’s a révisé la perspective à stable. L’agence estime que les risques sont désormais équilibrés entre d’éventuels retards dans le processus de restructuration et les avantages liés à l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Selon Moody’s, cette appartenance contribue à limiter les risques de change et de balance des paiements, tout en maintenant l’accès aux marchés régionaux de financement. Elle réduit ainsi la probabilité d’une forte détérioration de la liquidité extérieure du pays.


