La Banque ouest-africaine de développement a dévoilé les priorités de son cycle « Djoliba… La Suite 2026-2030 ». Le secteur des Énergies et Ressources naturelles y figure comme « un domaine prioritaire transversal ». Trois axes structurent l’intervention de l’institution. En effet, le constat est sans ambiguïté. L’UEMOA reste confrontée à « des défis structurels : un taux d’accès à l’électricité inférieur à 40 % dans plusieurs pays, des coûts élevés pour les entreprises et une fiabilité de l’approvisionnement encore limitée ».
Le déséquilibre entre offre et demande aggrave la situation. La demande d’électricité croît de près de 11 % par an, quand l’offre ne progresse qu’autour de 4 % par an. Un écart qui, s’il persiste, compromet les ambitions industrielles de la région.
Pour y répondre, la BOAD annonce cinq leviers d’action : renforcer les capacités de production et de transmission, soutenir les énergies renouvelables, accompagner les infrastructures régionales, appuyer les compagnies nationales d’électricité et favoriser les solutions off-grid.
Ce dernier volet est stratégique. Dans les zones rurales enclavées, les réseaux interconnectés ne seront pas rentables avant des années. Les solutions décentralisées « solaire domestique, mini-réseaux » constituent l’alternative la plus rapide pour élargir l’accès.
La zone UEMOA « dispose d’un potentiel géologique et minier important encore largement sous-exploité ». Deux dynamiques nourrissent les perspectives : les découvertes d’hydrocarbures au large de la Côte d’Ivoire et de la Guinée-Bissau, et les ressources minières telles que l’or, la bauxite ou le manganèse.
La Banque veut accompagner les États dans « la mise en valeur durable de ces ressources ». Quatre leviers sont cités : le soutien à l’exploration, les études de faisabilité, le développement d’acteurs nationaux et la création de chaînes de valeur intégrées.
Cette approche marque une inflexion. Il ne s’agit plus seulement de financer l’extraction, mais de retenir une part de la transformation sur le territoire. Le modèle ivoirien de transformation du cacao, soutenu par la BOAD en 2025 à hauteur de 15 milliards FCFA, illustre cette logique de montée en gamme.
Eau potable
Près de 40 millions de personnes dans l’espace UEMOA sont encore privées d’accès à l’eau potable. Le chiffre situe l’ampleur du chantier. Pour contribuer à l’objectif de couverture universelle, la BOAD prévoit de « renforcer l’attractivité des projets en amont » et de « mobiliser des ressources adaptées aux besoins du secteur ». La formulation renvoie à une réalité financière : les projets d’eau potable, à rentabilité longue et tarification politiquement sensible, attirent difficilement les capitaux privés. Le rôle de la Banque consiste à structurer ces dossiers pour les rendre bancables.
Ces orientations prolongent le cycle précédent. En 2025, dernière année du Plan DJOLIBA 2021-2025, l’Énergie et les Ressources naturelles avaient déjà mobilisé 269,2 milliards FCFA, soit 28,8 % des financements approuvés. Le Transport et les TIC affichaient un montant équivalent (269,9 milliards FCFA).
À travers ces interventions, la BOAD entend soutenir « un développement intégré et responsable des ressources naturelles, au service de l’intégration régionale, de la résilience face aux défis climatiques et de la création de valeur locale ».