Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration progressive, malgré un environnement international marqué par des incertitudes persistantes. Selon le rapport Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique (MEO 2026), « la croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) réel est estimée à 4,2 % pour 2025 », en hausse par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2024, soit un gain de 0,7 point de pourcentage.
Cette reprise, portée notamment par la consommation des ménages et le dynamisme du secteur des services, confirme une certaine résilience des économies africaines. Toutefois, le rapport souligne que ce niveau de croissance « reste bien en deçà de ce qui est nécessaire pour sortir des millions d’Africains de la pauvreté », mettant en lumière les limites structurelles de cette amélioration.
Dans le détail, la croissance du PIB réel par habitant progresse également, passant de 1,1 % en 2024 à 1,9 % en 2025, avec des projections à 2,1 % en 2026 et 2,3 % en 2027. Malgré cette tendance positive, ce rythme demeure inférieur au seuil estimé de 4,5 % nécessaire pour réduire significativement la pauvreté sur le continent.
Sur le front des prix, les signaux sont plus encourageants. Après un pic à 21,8 % en 2024, l’inflation moyenne en Afrique a fortement reculé à 13,6 % en 2025 et devrait poursuivre sa trajectoire descendante pour atteindre 9,5 % en 2026 puis 8,6 % en 2027. Cette évolution traduit « une amélioration de l’approvisionnement alimentaire », conjuguée à « l’appréciation des monnaies nationales » et à la baisse des prix de l’énergie.
Le rapport souligne également que « environ deux tiers des économies africaines devraient maintenir leur inflation en dessous de 5 % », signe d’un retour progressif à la stabilité macroéconomique. Néanmoins, des disparités importantes persistent selon les régions et les pays. Près d’un cinquième des économies continuent d’enregistrer des taux d’inflation à deux chiffres, notamment en Angola, au Nigeria ou en Éthiopie, sous l’effet de déséquilibres budgétaires, de dépréciations monétaires et de chocs climatiques.
Dans les pays exportateurs de pétrole, l’inflation reste particulièrement élevée, estimée à 17,0 % en 2025, avant de ralentir progressivement à 11,8 % en 2026 et 10,9 % en 2027. À l’inverse, les économies moins dépendantes des ressources naturelles affichent des niveaux plus modérés, autour de 5,5 % en 2026.
Au-delà des prix, les équilibres budgétaires devraient également s’améliorer graduellement, soutenus par la réduction des subventions, la détente des taux d’intérêt et la reprise de l’activité économique. Cette consolidation reste toutefois fragile dans un contexte de pressions sociales et d’investissements nécessaires dans les infrastructures.
Dans ce contexte, le rapport insiste sur la nécessité d’accélérer les réformes structurelles. Il souligne que l’amélioration durable des performances économiques passe par « une gestion prudente des finances publiques », ainsi que par des investissements accrus dans les infrastructures, les chaînes de valeur et le développement des compétences.
En définitive, si les indicateurs macroéconomiques témoignent d’un retour progressif à la stabilité, les défis restent nombreux. Entre nécessité d’une croissance plus inclusive, maîtrise durable de l’inflation et transformation structurelle des économies, l’Afrique se trouve à un tournant décisif de sa trajectoire de développement.

