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Le Sénégal lance officiellement politique de Taxonomie verte

Le Sénégal a procédé, ce lundi 19 octobre à Dakar, au lancement officiel de sa Taxonomie verte. L’initiative est portée par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique et le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, avec l’appui technique de la Coopération allemande (GIZ). Elle vise à créer un langage commun sur la durabilité, renforcer la confiance des investisseurs et mobiliser des capitaux vers des projets écologiques et viables.

Destinée aux gouvernements, institutions financières, acteurs économiques et investisseurs, cette taxonomie se présente comme un outil de classification des activités économiques. « Contrairement à ce que son appellation pourrait laisser penser, la Taxonomie verte n’est pas une taxe à payer à l’État », ont rappelé les initiateurs. Elle doit permettre d’instaurer un langage et une compréhension communs de la durabilité, d’améliorer la transparence et la comparaison des opportunités d’investissement, tout en contribuant à éviter le « greenwashing ».

Lors de la cérémonie, Bassirou Sarr, Ministre auprès du MEFP, chargé du Budget, a rappelé les enjeux pour le pays. « Le Sénégal demeure fortement exposé aux risques climatiques, tels que les inondations que nous subissons de manière récurrente, la sécheresse et l’érosion côtière, qui fragilisent des secteurs vitaux de notre économie, notamment l’agriculture, l’énergie et les infrastructures », a-t-il déclaré. Dans sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN), le pays a estimé à environ 7 630 milliards FCFA (13 milliards de dollars) les ressources à mobiliser d’ici 2030 pour les mesures d’atténuation et d’adaptation.

Pour qu’une activité soit considérée comme alignée à la Taxonomie, elle doit répondre à l’atténuation du changement climatique, notamment dans les secteurs de la Construction, des Transports, de l’Industrie, de l’eau, de l’assainissement-déchets et de l’Energie. Pour l’adaptation, le document retient deux approches : une évaluation de la vulnérabilité et des risques climatiques, inspirée de la Taxonomie de l’UE, ou la mise en œuvre de mesures reconnues comme automatiquement éligibles, selon la Taxonomie de la résilience de Climate Bonds (CBRT). Dans l’Agriculture, une méthodologie distincte intègre l’exigence de conformité DNSH (« Ne pas causer de préjudice important »). La taxonomie intègre également des garanties sociales minimales (MSS), incluant une dimension genre.

Le ministre a souligné que ces critères ne constituent pas un frein à la liberté d’investissement. « La taxonomie verte ne constitue ni une exigence d’investissement ni une obligation de performance environnementale imposée aux entreprises. Il est fondamental de la comprendre comme une orientation, un dispositif d’encadrement et de différenciation », a-t-il précisé.

Le gouvernement a par ailleurs cité plusieurs opérations récentes. La Banque Agricole a obtenu un décaissement du Fonds vert pour le climat d’un montant global de 31 761 millions FCFA (48,425 millions d’euros). Le premier « Agri Green Bond » de l’UEMOA a levé 30 milliards de FCFA en août 2026. La SENELEC a mobilisé 120 milliards de FCFA avec une double labellisation Green Bond et Sustainability-Linked Bond. BAOBAB Sénégal a levé 10 milliards de FCFA sous forme d’obligations durables GSS.

« Le processus a été lancé en 2023 avec l’appui de la GIZ, dans la phase de préparation, de développement et, en dernière étape, dans la phase de mise en œuvre », a expliqué Saykou Yaya Barry, conseiller technique à la GIZ. À l’échelle africaine, le Sénégal figure parmi les premiers pays à s’engager dans l’élaboration d’une Taxonomie verte, aux côtés du Rwanda et de l’Afrique du Sud. La Côte d’Ivoire a publié la sienne en avril 2025.

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