Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est entretenu ce mardi 15 septembre 2026 à Washington avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, deux semaines après l’accord technique conclu le 1er septembre sur un nouveau programme de trois ans appuyé par la Facilité élargie de crédit. La rencontre, tenue en présence du ministre chargé de l’Économie et des Finances et de la délégation ministérielle, doit ouvrir une nouvelle étape dans la coopération entre Dakar et l’institution de Bretton Woods.
Le Sénégal et le FMI travaillent ensemble depuis l’adhésion du pays aux institutions de Bretton Woods en 1963. Selon la Présidence, le dialogue entre les deux parties s’est maintenu lorsque le gouvernement a choisi de rendre publique la situation réelle des finances du pays.
Les deux parties se sont félicitées du travail accompli et des résultats obtenus, avec pour objectif d’avancer rapidement vers l’approbation du programme par le Conseil d’administration du FMI. À en croire la Présidence, cette étape doit permettre de préserver la dynamique créée par l’accord technique et de « desserrer sans tarder les contraintes de liquidité du pays ».
Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de poursuivre les réformes destinées à renforcer les finances publiques, la viabilité de la dette et l’investissement privé. Les chantiers portent notamment sur une meilleure gestion de la dette, la mobilisation des recettes, la rationalisation des dépenses et l’amélioration du climat des affaires.
La protection sociale au cœur du dispositif
Le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur « la nécessité de conduire le redressement des finances publiques sans en faire supporter le coût aux populations les plus vulnérables.»La protection sociale constitue ainsi une composante centrale du programme présenté par l’exécutif.
Le programme national de bourses de sécurité familiale doit être renforcé, tandis que les bourses des étudiants seront préservées et que la couverture maladie universelle sera consolidée. La réforme des subventions à l’énergie doit, pour sa part, être progressive et mieux ciblée afin de concentrer l’effort public sur les ménages qui en ont le plus besoin.
L’économie réelle figure également parmi les priorités. Le plan d’apurement des arriérés dus aux entreprises privées doit permettre de restaurer leur trésorerie, de préserver les emplois et de relancer l’investissement. Les projets stratégiques et prioritaires seront poursuivis dans des limites compatibles avec la viabilité de la dette.
Pour l’exécutif, l’objectif est de favoriser une croissance « plus forte, plus inclusive et créatrice d’emplois durables pour les jeunes ».
Cet entretien marque ainsi, selon la Présidence, une nouvelle phase de coopération entre le Sénégal et le FMI, fondée sur la transparence, la responsabilité et des résultats concrets pour les populations.
Après trois jours de travail à Washington, marqués par des rencontres avec le secteur privé américain, la Banque mondiale et le FMI, le président de la République a quitté la capitale américaine pour Abu Dhabi, où il devait être reçu jeudi par le président des Émirats arabes unis, Cheikh Mohammed Bin Zayed Al Nahyan.