Home ECONOMIE Sénégal–FMI : Dakar dévoile sa stratégie de gestion de la dette

Sénégal–FMI : Dakar dévoile sa stratégie de gestion de la dette

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Les négociations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont été abordées, le 24 février 2026, lors de la séance de questions au gouvernement. À cette occasion, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des précisions sur l’état d’avancement des discussions entre Dakar et l’institution de Bretton Woods.

Selon le ministre, les échanges avec le FMI portent sur deux volets distincts. « Les négociations avec le FMI portent sur deux volets. Vous avez le misreporting et la négociation d’un nouveau programme de financement », a-t-il déclaré devant les députés. Sur le dossier du misreporting, relatif à la communication de données erronées, Cheikh Diba a indiqué que « toutes les données sont stabilisées » et que les deux parties se sont accordées sur l’audit, la situation de la dette, la correction des statistiques des finances publiques ainsi que sur la matrice des réformes.

En revanche, les discussions sur un nouveau programme de financement restent marquées par des divergences, notamment sur le cadrage macro-budgétaire. « Le cadrage comporte quelques divergences sur le niveau de projection de la croissance économique. Les chiffres du Fonds sont pessimistes alors que les nôtres se veulent optimistes », a expliqué le ministre. Il a toutefois assuré que l’objectif est de rapprocher les positions « dans les prochains jours » afin de boucler les discussions.

Cheikh Diba a par ailleurs réaffirmé la position du gouvernement face à l’option d’une restructuration de la dette, défendue par le FMI. « Nous ne refusons pas la restructuration par orgueil, mais parce que nous estimons qu’il y a une solution scientifique, économique et technique », a-t-il soutenu. Cette alternative repose, selon lui, sur la gestion active de la dette, articulée autour de deux leviers : la dette bancaire locale et la dette extérieure.

Sur la dette bancaire, le ministre a indiqué que la titrisation des créances a permis de dégager « 500 milliards de FCFA d’espaces budgétaires en 2025 ». Il a précisé que les tombées d’échéances sur la dette bancaire locale dépassaient « 820 milliards de FCFA », exerçant une forte pression sur la liquidité des banques, ce qui a conduit l’État à encourager la titrisation de certaines créances via le Marché financier régional.

Concernant la dette extérieure, le gouvernement mise sur la mobilisation de ressources longues à travers des instruments de garantie. « Nous comptons travailler sur des instruments de rehaussement avec le MIGA et la BAD pour mobiliser des ressources à des coûts beaucoup plus faibles et à des maturités longues », a déclaré Cheikh Diba. Selon lui, combinée à une discipline budgétaire visant un déficit de 3 % en 2027, cette stratégie permettrait de surmonter la crise sans compromettre les relations avec les bailleurs.

Prenant la parole, le Premier ministre Ousmane Sonko a rappelé que la dette publique du Sénégal est « de l’ordre de 119 % » et que le service de la dette atteindra « plus de 5 100 milliards de FCFA en 2026 », limitant fortement les capacités d’investissement de l’État.

Malgré ces contraintes, le ministre des Finances a assuré que les discussions avec le FMI « se passent très bien » et devraient aboutir prochainement à la conclusion d’un nouveau cadre de partenariat, attendu depuis septembre 2024.

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