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Acte IV de la décentralisation : le Sénégal veut porter son PIB à 70 000 milliards FCFA grâce aux pôles-territoires

Le Sénégal veut faire des territoires le principal moteur de sa transformation économique. Réunis à Diamniadio autour du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, les maires, présidents de conseils départementaux et représentants de l’État ont dégagé un consensus sur les grandes orientations de l’Acte IV de la décentralisation. Cette réforme prévoit une nouvelle organisation du territoire autour de huit pôles-territoires spécialisés, avec une ambition économique majeure : porter le produit intérieur brut (PIB) national de 18 620 milliards de FCFA aujourd’hui à 70 000 milliards de FCFA dans les dix à quinze prochaines années, en réduisant la forte concentration de la richesse à Dakar, qui représente actuellement 46 % du PIB.

Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Bala Fofana, a indiqué que l’objectif consiste à doubler la contribution des autres pôles-territoires à la création de richesse nationale. La réforme prévoit ainsi une spécialisation économique des huit pôles : le Nord comme grenier agricole, Diourbel-Louga autour de l’industrie et du tourisme religieux, le Nord-Est avec les phosphates, les engrais et l’élevage, le Centre dédié aux agropoles et à l’écotourisme, le Sud-Est à l’écotourisme et le Sud à l’agriculture, à la culture et au tourisme. Selon le ministre, cette nouvelle organisation doit permettre de construire un développement plus équilibré, de renforcer la cohésion nationale et d’asseoir une véritable souveraineté économique fondée sur les territoires.

Pour assurer l’efficacité de cette nouvelle architecture, chaque pôle-territoire disposera d’une stratégie de développement, d’un schéma d’aménagement et d’urbanisme, d’une cartographie des usages et des risques ainsi que d’un mécanisme de financement spécifique. Un établissement public sera créé pour assurer leur gouvernance avec des missions de délibération, d’administration, d’exécution et de contrôle-évaluation. Les relations entre l’État et les pôles seront organisées autour de contrats-plans annuels : l’État conservera ses missions régaliennes de conception, d’orientation et de coordination, tandis que les pôles deviendront des espaces de production et de développement économique. Le ministre a également insisté sur le rôle que devront jouer les collectivités territoriales dans les politiques agricoles, d’élevage et de pêche, grâce notamment au développement de l’intercommunalité.

Les concertations ont également permis d’identifier quatre axes majeurs de réforme : la modernisation de la gouvernance locale et de l’architecture territoriale, l’amélioration du financement des collectivités et de la fiscalité locale, le renforcement de l’ingénierie territoriale ainsi qu’une gouvernance renouvelée reposant sur un financement plus structuré. Huit innovations accompagneront cette transformation, parmi lesquelles l’institutionnalisation d’un indice composite de viabilité des municipalités, le renforcement des outils de gouvernance de proximité, l’évolution du département vers un rôle de gouvernance économique et la création d’un véritable statut de l’élu local. Les communes bénéficieront également de nouvelles compétences dans des secteurs stratégiques tels que la gestion des déchets, le foncier, l’agriculture, l’élevage, la pêche, le tourisme, l’artisanat, l’hydraulique et l’assainissement. Un organigramme-type est également prévu afin de doter les collectivités de directions spécialisées en finances, services techniques, planification urbaine, santé, éducation et développement local, avec l’objectif de faire des territoires les principaux leviers de croissance et de transformation du Sénégal.

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