Le président de la République Bassirou Diomaye Faye a nommé lundi Ahmadou Al Aminou Lo au poste de Premier ministre, ouvrant une nouvelle séquence dans la conduite de l’exécutif sénégalais. Cette décision, annoncée par la Présidence de la République, s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de « poursuivre, avec engagement et responsabilité, la mise en œuvre des priorités nationales, le renforcement de l’efficacité de l’action publique et l’accélération des réformes au bénéfice des Sénégalaises et des Sénégalais ».
Âgé de 60 ans, Ahmadou Al Aminou Lo succède à Ousmane Sonko dans un contexte marqué par d’importants défis économiques, sécuritaires et sociaux. Économiste de formation, spécialiste des questions monétaires, bancaires et financières, il figure parmi les principaux technocrates de la nouvelle gouvernance installée depuis l’alternance de 2024.
Le nouveau Premier ministre est issu du Prytanée militaire de Saint-Louis où il obtient en 1985 un baccalauréat scientifique avec mention Bien en tant que major de promotion. Diplômé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en sciences économiques, il complète également une formation bancaire au Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires avant d’obtenir en 2023 un Executive Master in Islamic Finance à l’INCEIF University de Kuala Lumpur.
L’essentiel de sa carrière s’est construit au sein de l’Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest qu’il intègre en 1987. Au fil des années, il gravit les différents échelons de l’institution sous-régionale en occupant plusieurs fonctions stratégiques liées aux opérations de marché, aux activités bancaires et au financement des économies.
Nommé Directeur national de la BCEAO pour le Sénégal en 2016, il cumule ensuite cette responsabilité avec celle de conseiller du gouverneur avant d’accéder en février 2024 au Secrétariat général de l’institution. Au cours de cette période, il accompagne notamment l’État du Sénégal dans ses émissions d’eurobonds sur les marchés financiers internationaux ainsi que dans les négociations menées avec le Fonds monétaire international dans le cadre des programmes ISPE et ICPE.
Il participe également à la structuration des relations entre les banques locales et les investisseurs étrangers dans le cadre du développement des projets pétroliers et gaziers sénégalais. Son parcours est aussi marqué par son implication dans les travaux liés à la finance islamique dans l’UEMOA, à la feuille de route de la monnaie unique de la CEDEAO ainsi qu’à la restructuration du système bancaire sénégalais des années 1990.
Entré au gouvernement dès avril 2024 comme ministre secrétaire général du gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lo devient ensuite ministre d’État auprès de la Présidence chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». À ce poste, il supervisait le suivi opérationnel des réformes stratégiques engagées par le nouveau régime.
Dans sa première prise de parole en tant que Premier ministre, il a qualifié sa nomination de « sacerdoce », affirmant puiser cette vision dans son éducation familiale, son passage au Prytanée militaire et sa longue expérience à la BCEAO.
Le nouveau chef du gouvernement a dressé un diagnostic préoccupant de la situation nationale. « Nous devons tous être conscients du contexte d’urgence dans lequel se trouve notre pays », a-t-il déclaré, évoquant les tensions sur les finances publiques, les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et des produits alimentaires ainsi qu’un environnement sécuritaire sous-régional fragile.
Pour autant, il assure que cette nomination ne constitue « point un changement de cap » dans les engagements pris par le pouvoir. Selon lui, il s’agit plutôt « d’un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et de l’action gouvernementale, voulu par le Chef de l’État ».
Le Premier ministre a également lancé un appel à la mobilisation nationale autour de l’Agenda Sénégal 2050, en direction des jeunes, des femmes, des Sénégalais de la diaspora, du secteur privé et des partenaires internationaux. « Le Sénégal est un pays sûr et fiable, et entend le rester », a-t-il affirmé à l’endroit des investisseurs et partenaires techniques et financiers.

