BAD et Standard Bank mobilisent 332 millions de dollars pour financer les PME sud-africaines

La Banque africaine de développement (BAD) a investi 332 millions de dollars américains, soit environ 5,4 milliards de rands sud-africains, dans une obligation sociale émise par Standard Bank Group Limited, première banque commerciale d’Afrique en termes d’actifs. Cette opération vise à renforcer le financement des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique du Sud, avec un accent particulier sur les entreprises dirigées par des femmes.

En complément de cet investissement, le programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) de la BAD a accordé un financement d’assistance technique de 1 million de dollars, provenant du guichet We-Fi, destiné à réduire les obstacles auxquels font face les entrepreneures africaines dans l’accès au financement.

Cette initiative prévoit notamment le déploiement d’outils de paiement numériques permettant aux entrepreneures de constituer des historiques de crédit vérifiables, ainsi qu’un accompagnement au développement des entreprises et des fournisseurs pour les PME dirigées par des femmes.

L’opération permettra à Standard Bank Group d’accroître sa capacité d’intervention en faveur du secteur privé sud-africain. La facilité prend la forme d’un titre FLAC (Financial Loss-Absorbing Capacity), une nouvelle catégorie de dette introduite en janvier 2026 par la South African Reserve Bank, dans le cadre de la réforme progressive du dispositif de résolution bancaire du pays.

Cotée à la Bourse de Johannesburg (JSE), cette obligation sociale constitue la première émission d’un instrument FLAC de Standard Bank Group sur ce marché, avec des ressources entièrement destinées au financement de projets à impact social.

« Cet investissement reflète l’engagement de la Banque africaine de développement à renforcer l’architecture financière de l’Afrique tout en orientant les capitaux à long terme vers les secteurs qui en ont le plus besoin : les petites entreprises et les entrepreneurs sud-africains », a déclaré Kennedy Mbekeani, directeur général de la BAD pour l’Afrique australe et chef du bureau pays pour l’Afrique du Sud.

La totalité des 5,4 milliards de rands mobilisés sera affectée au financement des PME, notamment celles détenues ou dirigées par des femmes. Standard Bank entend ainsi répondre aux difficultés persistantes d’accès au crédit qui limitent encore le développement des petites entreprises.

« Les PME sont un moteur essentiel de la croissance économique et de la création d’emplois. Elles constituent l’épine dorsale de l’économie sud-africaine, avec environ 3,2 millions d’entreprises représentant 60 % des emplois », a souligné Luvuyo Masinda, directeur général de la banque d’entreprise et d’investissement de Standard Bank Group.

Pour Bill Blackie, directeur général de la banque commerciale et d’affaires du groupe bancaire, ce partenariat renforcera la capacité de l’institution à accompagner les entreprises créatrices de richesse et d’emplois, notamment grâce au volet d’assistance technique dédié aux PME féminines.

Cette nouvelle opération consolide un partenariat engagé depuis 2008 entre la BAD et Standard Bank Group. Elle intervient après plusieurs initiatives communes, dont une facilité de dette subordonnée de 3,6 milliards de rands approuvée en novembre 2024 et un accord de participation aux risques de 200 millions de dollars destiné au financement du commerce en Afrique.

Les résultats de la précédente facilité illustrent l’importance de ces mécanismes. En décembre 2025, Standard Bank avait entièrement utilisé l’enveloppe mise à disposition en 2024, permettant de soutenir 5 425 PME, dépassant l’objectif initial de 4 000 entreprises. Les financements avaient bénéficié aux secteurs de l’agriculture, du commerce de détail, du commerce de gros et de l’industrie manufacturière.