La croissance économique du Maroc a enregistré une nette accélération en 2025, atteignant 4,9%, son rythme le plus élevé des sept dernières années, hors effet de rebond post-Covid. C’est l’un des principaux enseignements du Rapport sur la stabilité financière 2025, élaboré conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Cette performance repose principalement sur la reprise du secteur agricole et la résilience des activités non agricoles. La valeur ajoutée agricole a progressé de 8,2% en 2025, après un recul de 5,7% en 2024, tandis que les activités non agricoles ont maintenu une dynamique positive avec une croissance de 4,5%, contre 5,6% un an auparavant. La demande intérieure a constitué le principal moteur de cette expansion, avec une contribution de 6,6 points de pourcentage, soutenue notamment par une hausse de l’investissement de 16,3%, de la consommation publique de 5,1% et de la consommation des ménages de 1,2%.
Les perspectives demeurent favorables à moyen terme. Bank Al-Maghrib table sur une croissance de 5,2% en 2026, avant un ralentissement à 3,1% en 2027, principalement sous l’effet attendu d’un rebond de la valeur ajoutée agricole de 16% en 2026. Les activités non agricoles devraient continuer à évoluer à un rythme soutenu, avec des progressions projetées à 4,1% en 2026 et 4,3% en 2027.
Sur le front des prix, l’inflation est restée contenue en 2025, avec une moyenne de 0,8%, contre 0,9% en 2024. Elle devrait toutefois remonter progressivement à 1,5% en 2026, puis 2,1% en 2027.
Le rapport relève cependant plusieurs points de vigilance, notamment l’évolution du déficit courant et les besoins de financement publics. Le déficit du compte courant s’est creusé à 2,4% du PIB en 2025, contre 1,2% en 2024, sous l’effet d’une aggravation du déficit commercial qui a atteint 352,3 milliards de dirhams, soit 20,5% du PIB. Les importations ont augmenté de 8%, tandis que les exportations ont progressé de 3%.
En parallèle, les recettes touristiques ont enregistré une hausse de 21,1%, atteignant 138,6 milliards de dirhams, alors que les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont progressé de 2,6% pour atteindre 122 milliards de dirhams. Les investissements directs étrangers ont également connu une forte progression de 29,4%, à 60,6 milliards de dirhams, représentant 3,5% du PIB.
Les réserves officielles de change se sont renforcées pour atteindre 442,9 milliards de dirhams à fin 2025, soit une couverture de 5 mois et 11 jours d’importations. Elles devraient progresser à 505,5 milliards de dirhams en 2026 puis 542 milliards en 2027.
Sur le plan budgétaire, le déficit hors recettes de privatisation s’est établi à 60,5 milliards de dirhams, soit 3,5% du PIB, contre 3,9% en 2024. Cette amélioration résulte notamment de la progression des recettes fiscales et non fiscales ainsi que de la baisse de la charge de compensation. Le besoin de financement du Trésor a toutefois augmenté à 74 milliards de dirhams, en hausse de 40,1%, couvert presque à parts égales par les financements intérieurs (37,1 milliards de dirhams) et extérieurs (37 milliards de dirhams). RSF 2025.pdf
Le ratio de dette du Trésor a légèrement diminué, passant de 67% du PIB en 2024 à 66,6% en 2025. La dette intérieure représente 73,8% de l’encours total, soit 845,2 milliards de dirhams, contre 299,8 milliards de dirhams pour la dette extérieure.
Dans le secteur financier, le crédit bancaire au secteur non financier a accéléré, avec une croissance de 4,8% en 2025, contre 2,6% en 2024, portée notamment par les prêts à l’équipement destinés aux entreprises privées. Il devrait progresser de 6,8% en 2026 avant de revenir à 6,1% en 2027.
Le rapport souligne enfin la consolidation du patrimoine financier des ménages, qui a atteint 1 192 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 7,5%. Les dépôts bancaires restent la principale composante avec 935 milliards de dirhams, tandis que les placements en valeurs mobilières ont progressé de 40,1% pour atteindre 114 milliards de dirhams.
