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Le Premier ministre sénégalais place le secteur privé au cœur de la transformation économique

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Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lo, a rencontré jeudi à Dakar les entrepreneurs privés du pays. Il a affirmé que la transformation structurelle de l’économie nationale « ne se fera pas par la seule volonté de l’État ». « Elle reposera d’abord sur vous, les entrepreneurs industriels, les commerçants et les investisseurs, qui portez chaque jour l’effort de création de richesses et d’emplois », a-t-il déclaré en ouverture de la réunion.

Le chef du gouvernement a défini le rôle de l’État comme celui d’un « État stratège : fixer le cap, réguler, sécuriser l’investissement et lever les contraintes au développement de l’initiative privée ». Il a précisé que l’État « n’a ni la vocation ni les moyens de se substituer à l’initiative privée ».

Interpellé sur les attentes du secteur privé, Ahmadou Al Aminou Lo a identifié trois obligations : « la prévisibilité des règles, la célérité de l’action administrative et le paiement de ses dettes ». Sur ce dernier point, il a assuré que « l’apurement de la dette intérieure sera conduit à son terme ». Le secteur privé national « ne sera pas une variable d’ajustement de la trésorerie publique », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a estimé que le défi sénégalais « n’est donc plus de concevoir des réformes supplémentaires, mais de convertir celles qui existent déjà en services accessibles, rapides et effectivement utilisés ».

Plusieurs chantiers doivent être finalisés « avant la fin de cette année ». Il s’agit des textes d’application du Code des investissements de 2025 et du cadre rénové des partenariats public-privé. Ces deux textes « garantiront la sécurité juridique, la protection contre l’expropriation et la liberté de transfert des capitaux », a promis Ahmadou Al Aminou Lo.

Le Code général des impôts et le Code général des douanes « seront soumis aux commentaires et aux observations » du secteur privé national. Le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique sera « finalisé » en même temps. À l’en croire, le gouvernement veillera « conformément aux orientations du chef de l’État, à l’application consensuelle des recommandations des états généraux de l’industrie, du commerce et des PME/PMI ».

Économie productive 

Le Premier ministre a réaffirmé l’ambition de sortir l’économie sénégalaise de sa « dépendance multiforme, pour construire une économie productive, industrialisée et créatrice de valeur ajoutée locale ». « Cette transformation n’est pas une option ; elle est une nécessité », a-t-il soutenu.

Il a rappelé que la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB « ne dépasse guère 20 % depuis une décennie ». Les entreprises installées au Sénégal « peinent à gagner des parts de marché importantes dans les grands travaux de l’État ». « Elles restent pour la plupart confinées sur le territoire national, ne pouvant profiter des opportunités offertes par nos espaces intégrés de l’UEMOA, de la CEDEAO et de la ZLECAf. La formalisation de bon nombre d’entreprises demeure incomplète », a-t-il observé.

Pour inverser cette trajectoire, le gouvernement entend construire « autour de nos ressources naturelles et agricoles, de nos avantages comparatifs sur les services aussi, de véritables chaînes de valeur intégrées, capables de capter une part croissante de la valeur ajoutée nationale ».

Il s’agit également de « consolider nos zones économiques spéciales et nos pôles industriels aménagés, et de faire du contenu local, dans la commande publique comme dans les grands projets d’investissement, un principe d’action et non une simple déclaration d’intention ».

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