Chargel change de dimension. La jeune entreprise technologique spécialisée dans la logistique annonce son évolution d’une marketplace digitale de fret vers un système d’exploitation (OS) de la logistique africaine, conçu pour piloter l’ensemble de la chaîne logistique, de la demande de transport jusqu’à la facturation.
Après avoir concentré ses activités sur les marchés d’Afrique francophone, la plateforme ouvre désormais cette nouvelle offre à l’ensemble du continent. Son objectif est de proposer une infrastructure numérique adaptée aux réalités opérationnelles africaines et capable d’accompagner les acteurs du secteur dans leurs opérations transfrontalières.
Depuis son lancement, Chargel affirme avoir coordonné des milliers d’expéditions dans sept pays, développé un réseau de plus de 8 000 transporteurs et collaboré avec des acteurs majeurs du commerce et de la logistique internationale. Cette expérience a conduit l’entreprise à revoir son positionnement.
« Après des milliers de chargements aux côtés de nos clients, nous avons compris que la valeur ne se limite pas à mettre en relation une offre et une demande de transport », explique Moustapha Ndoye, directeur général de Chargel. « La vraie difficulté est de garder le contrôle sur chaque étape : savoir où se trouve la marchandise, obtenir les bons documents au bon moment, anticiper les exceptions et éviter qu’une facture soit bloquée par un document manquant. C’est précisément ce que Chargel résout », poursuit-il.
La plateforme intègre désormais dans un environnement unique les principales étapes des opérations logistiques : création des demandes de transport, affectation des transporteurs, dispatch, suivi des expéditions, preuve électronique de livraison (ePOD), gestion documentaire et préparation de la facturation.
L’entreprise entend ainsi répondre aux nombreuses inefficacités qui freinent encore les chaînes d’approvisionnement africaines, où le suivi des expéditions repose souvent sur des appels téléphoniques, des messages WhatsApp ou des fichiers Excel, tandis que les retards de documentation ralentissent les paiements et les livraisons.
Chargel mise également sur l’intelligence artificielle pour automatiser certaines tâches répétitives, accélérer le traitement documentaire, détecter plus rapidement les anomalies et améliorer la prise de décision. Pour l’entreprise, l’IA constitue un outil d’assistance destiné à renforcer l’efficacité des équipes plutôt qu’à remplacer les professionnels de la logistique.
« Nous ne construisons pas une solution théorique. Nous construisons à partir du terrain, avec les chargeurs, transporteurs, chauffeurs, transitaires et équipes opérationnelles qui font avancer les chaînes d’approvisionnement du continent », souligne Moustapha Ndoye. « Notre ambition est de relier dans un même flux les opérations, les documents, les personnes et les décisions, et de déployer cette infrastructure à l’échelle de l’Afrique », conclut-il.
Avec cette évolution, Chargel ambitionne de devenir une infrastructure numérique de référence pour la logistique africaine, en accompagnant la digitalisation d’un secteur appelé à jouer un rôle central dans l’intégration économique du continent.