La mutualisation des risques financiers s’impose progressivement comme l’un des leviers privilégiés par les institutions africaines pour améliorer l’accès au financement du continent. En marge des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, organisées à Brazzaville, le Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) et ETC Corporation ont procédé, le 26 mai, au lancement officiel du cluster financier ETC–FAGACE, un mécanisme destiné à renforcer les capacités de financement des économies africaines.
Présenté comme une réponse aux contraintes structurelles qui freinent l’investissement en Afrique, ce nouvel instrument vise à réduire les risques supportés par les institutions financières et à améliorer les conditions de financement des entreprises et des États. Les promoteurs du projet estiment que le continent continue de faire face à un paradoxe : malgré l’abondance de ses ressources naturelles, le dynamisme de sa démographie et les opportunités créées par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’accès aux financements de long terme demeure limité et coûteux.
Selon les responsables du projet, le cluster ETC–FAGACE repose sur une alliance entre deux acteurs complémentaires. D’un côté, le FAGACE, institution multilatérale créée en 1977 à Kigali et spécialisée dans la garantie des financements au profit de ses États membres. De l’autre, ETC Corporation, groupe financier international spécialisé dans les instruments de protection du crédit et de financement du commerce.
Les promoteurs du dispositif expliquent que cette plateforme doit permettre aux banques et institutions financières opérant en Afrique d’optimiser leur capital réglementaire grâce à des mécanismes d’atténuation des risques. L’objectif est notamment d’améliorer les ratios de solvabilité et de liquidité, tout en augmentant la capacité des établissements financiers à accorder des crédits à l’économie.
Le cluster entend également répondre aux exigences prudentielles internationales, notamment celles liées aux accords de Bâle III, grâce à des mécanismes de garantie et de finance structurée. Ces outils doivent permettre de réduire les risques de concentration, de traiter certaines créances non performantes et de renforcer la qualité des bilans des institutions financières.
Pour les initiateurs du projet, cette approche doit faciliter le financement des secteurs considérés comme stratégiques pour le développement du continent, notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, le numérique ainsi que les petites et moyennes entreprises. Le dispositif ambitionne également de contribuer au financement des Objectifs de développement durable (ODD) en transformant des risques de long terme en actifs susceptibles d’attirer les investisseurs institutionnels.
Depuis sa création en 1977, le FAGACE indique avoir mobilisé plus de 6 500 milliards de FCFA au profit du financement des économies de ses États membres. Cette expérience constitue, selon les promoteurs du cluster, un socle solide pour renforcer la confiance des investisseurs et améliorer la perception du risque africain sur les marchés financiers.
Le projet, qui a nécessité cinq années de recherche et de développement, s’appuie également sur des solutions numériques destinées à sécuriser les opérations de garantie et à limiter les risques cybernétiques. Les responsables d’ETC Corporation et du FAGACE considèrent cette initiative comme une contribution à la souveraineté financière du continent.
À travers ce nouveau mécanisme, les deux partenaires entendent promouvoir une finance plus inclusive et mieux adaptée aux réalités africaines. Leur ambition est de faire de la garantie financière un outil stratégique de transformation économique, capable d’accélérer l’investissement, de soutenir l’entrepreneuriat et de renforcer l’intégration régionale en Afrique.


