La guerre entre l’Iran et les États-Unis constitue « un choc économique mondial » dont les effets pourraient fortement impacter le Sénégal à travers la hausse des prix de l’énergie, du transport, des intrants agricoles et du coût de la dette. Dans une note de proposition, le Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP) appelle les autorités sénégalaises à adopter une stratégie d’anticipation afin de renforcer la résilience économique du pays.
Le document souligne que plusieurs pays ont déjà pris des mesures préventives face aux tensions géopolitiques internationales. Le Bangladesh a ainsi ciblé ses subventions sur les secteurs productifs comme l’agriculture et le transport, tandis que l’Inde a activé ses réserves stratégiques de pétrole pour stabiliser les prix. Les Philippines ont temporairement plafonné les prix des produits de première nécessité et la CEDEAO a engagé des mécanismes régionaux de sécurité énergétique.
Selon le MONCAP, « aucun de ces pays n’a attendu que la crise les submerge ». Le mouvement estime que le Sénégal doit accélérer la mise en place de réserves stratégiques de carburant sur le modèle thaïlandais, avec un stock tampon national pouvant couvrir plusieurs semaines de consommation.
La note insiste également sur la nécessité pour le Sénégal de tirer pleinement profit de ses ressources pétrolières et gazières issues des projets Sangomar et GTA. « Être producteur ne suffit pas si on continue à importer du carburant raffiné », souligne le document, qui plaide pour le développement d’une chaîne de valeur locale intégrant raffinage, stockage, distribution et approvisionnement régional.
Le MONCAP recommande aussi le renforcement du Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP). Selon la note, les recettes du fonds ont atteint 111,1 milliards FCFA, soit 180,2 % de l’objectif annuel fixé à 61,6 milliards FCFA, grâce à la baisse des cours internationaux du pétrole.
Parmi les autres recommandations figurent la diversification des sources d’approvisionnement pour réduire la dépendance aux marchés asiatiques et du Golfe, ainsi que le développement d’une production locale d’engrais à partir du gaz sénégalais.
Le document met également l’accent sur l’importance de conclure un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). « Un nouveau programme est indispensable pour reconstituer les réserves de change et restaurer la confiance des marchés », indique la note, précisant que les discussions avec le FMI sont engagées depuis avril 2026.
Pour le MONCAP, la crise actuelle doit être perçue comme une opportunité d’accélérer la souveraineté économique du Sénégal. « La réponse patriotique consiste à transformer la contrainte géopolitique en levier de souveraineté nationale et panafricaine », conclut le document.


