L’UEMOA prépare une stratégie régionale dédiée à l’intelligence artificielle (IA), avec l’ambition de faire de cette technologie un levier de croissance, d’innovation et de souveraineté numérique dans les huit États membres. L’annonce a été faite à l’occasion de la session de sensibilisation des journalistes des États membres organisée du 14 au 18 septembre 2026 à Ouagadougou sur les chantiers de la Commission de l’UEMOA.
Le projet part d’un constat : malgré les opportunités offertes par l’IA dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation, les finances ou l’administration, les pays de l’Union restent confrontés à des défis en matière d’infrastructures, de compétences, de données, de réglementation et d’éthique.
Selon le Government AI Readiness Index 2025 d’Oxford Insights, la moyenne des États membres de l’UEMOA s’établit à 31,5/100, contre 47/100 pour la moyenne mondiale. Le Sénégal affiche le score le plus élevé de l’espace communautaire, avec 46,1/100.
La future stratégie devrait s’articuler autour de plusieurs priorités : gouvernance et régulation, infrastructures et services numériques, développement du capital humain et innovation. Une attention particulière sera accordée à la protection des données, à l’éthique, aux risques de désinformation et à l’impact de l’automatisation sur l’emploi des jeunes.
L’UEMOA entend également favoriser l’utilisation de l’IA dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’agriculture, la santé, l’éducation, l’économie et les finances, l’administration, l’environnement et les transports. Dans le domaine financier, les applications envisagées concernent notamment la gestion budgétaire, la détection de la fraude et la lutte contre le blanchiment.
Sur le plan institutionnel, le projet prévoit notamment un Comité régional de pilotage, des points focaux nationaux, une Académie régionale de l’IA, un réseau de chaires universitaires et un Fonds régional d’innovation IA.
Le recrutement du cabinet chargé de l’étude est en cours. La validation de la stratégie est prévue d’ici fin 2026, pour une adoption envisagée en 2027.
Pour l’UEMOA, l’enjeu est désormais de transformer les opportunités de l’IA en capacités concrètes : compétences, infrastructures, innovation, gouvernance et solutions adaptées aux besoins des populations

