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KOAFEC 2026 : la Corée et l’Afrique misent sur l’IA pour accélérer la transformation numérique du continent

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La huitième Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC) a placé l’intelligence artificielle (IA) au cœur de la coopération entre Séoul et le continent africain. Réunie du 8 au 11 septembre 2026 à Séoul, sous le thème « Exploiter l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques pour la transformation de l’Afrique », la conférence a rassemblé quelque 800 participants, dont des représentants de 45 pays africains.

Cette édition marquait également le 20e anniversaire de la KOAFEC, lancée en 2006 pour instaurer un dialogue économique de haut niveau entre la Corée et l’Afrique et identifier des projets de développement concrets. À l’ouverture, la Première ministre sud-coréenne, Han Seong-sook, a appelé les deux parties à faire de la révolution de l’intelligence artificielle une opportunité de prospérité partagée. Elle a notamment mis en avant le potentiel de l’Afrique, porté par ses marchés en développement, ses ressources stratégiques et la créativité de sa jeunesse.

Le vice-Premier ministre et ministre coréen des Finances et de l’Économie, Koo Yun-cheol, a présenté une feuille de route articulée autour de trois priorités : les infrastructures d’IA, le déploiement de solutions d’intelligence artificielle dans les secteurs productifs et le développement des compétences numériques.

Au cœur de cette stratégie figure le « Korean Artificial Intelligence Package » (K-AI Package). Le programme doit intégrer des centres de données, des infrastructures énergétiques, la connectivité numérique et des applications d’IA dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la santé, l’énergie et les transports. Selon Koo Yun-cheol, la Corée entend accompagner les pays africains dans le développement de l’IA en fonction de leurs priorités et de leurs besoins.

L’enjeu des infrastructures et des compétences

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, a insisté sur le potentiel économique de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle pourrait contribuer à hauteur de 1 000 milliards de dollars au PIB africain à partir de 2035 à condition que les investissements adéquats soient réalisés », a-t-il déclaré.

Pour lui, le développement de l’IA ne peut toutefois se limiter à l’adoption de technologies. Il nécessite un écosystème associant énergie fiable, connectivité abordable, infrastructures de données, compétences et cadres réglementaires adaptés. « L’IA ne se développe pas sur la seule base des aspirations. Elle dépend d’un écosystème complet », a-t-il affirmé.

Le déficit en infrastructures demeure notamment un enjeu majeur. L’Afrique représente aujourd’hui moins de 2 % de la capacité mondiale des centres de données, selon le président de la BAD. La question de la localisation des données a également été soulevée par la ministre déléguée des Finances, du Budget et de la Planification nationale de la Guinée équatoriale, Milagrosa Obono Angüe. « 80% des données en Afrique sont hébergées à l’étranger, et l’Afrique paie cher pour cela », a-t-elle regretté.

Dr Sidi Ould Tah a également appelé à une appropriation africaine des technologies émergentes. « L’Afrique ne doit pas simplement consommer des technologies importées. Elle doit avoir la capacité de construire, gouverner, adapter et déployer ses propres solutions », a-t-il estimé.

Il a identifié trois priorités pour faire progresser l’IA sur le continent : « Premièrement, nous devons bâtir les fondations essentielles ; deuxièmement, nous devons nous concentrer sur des applications pratiques à fort impact ; et troisièmement, nous devons encadrer l’innovation de manière responsable. »

Des initiatives coréennes annoncées

La Corée a présenté plusieurs initiatives destinées à traduire cette coopération en actions concrètes. Parmi elles figure la création, en Tanzanie, d’un institut de formation aux technologies avancées pour former des spécialistes en intelligence artificielle, robotique et analyse de données.

Séoul prévoit également le lancement du programme « K-AI Cloud Voucher », qui doit permettre aux start-up africaines d’accéder à des infrastructures cloud et à des technologies coréennes de pointe.

Les discussions ont également porté sur les politiques nationales en matière d’IA, les besoins de financement et les possibilités de partenariats. La Corée a présenté sa politique nationale et ses plans de développement de l’intelligence artificielle, tout en réaffirmant sa volonté de partager son expertise, ses financements et ses capacités de formation avec les pays africains.

« Le gouvernement coréen a décidé de soutenir les pays qui veulent développer l’IA selon leurs priorités », a assuré le vice-Premier ministre coréen. Séoul a par ailleurs indiqué avoir signé des accords avec plusieurs banques multilatérales de développement et certains pays africains pour investir dans l’IA ou soutenir son développement.

À l’issue de la conférence, les participants ont adopté une Déclaration conjointe et un Plan d’action. Ils y ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération entre l’Afrique et la Corée dans l’industrialisation, l’éducation, la santé et l’agriculture grâce aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle.

L’objectif affiché est désormais de transformer le dialogue politique en projets concrets afin d’accélérer une croissance inclusive et durable et de renforcer la position de l’Afrique dans le développement de l’intelligence artificielle.

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