Le Sénégal franchit un nouveau palier dans sa transformation économique. Selon l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025 publié par la Banque africaine de développement (BAD), le pays se hisse à la huitième place du classement continental et devient la première économie industrielle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), devant la Côte d’Ivoire.
Avec un score de 0,6368 sur 1, le Sénégal intègre le cercle restreint des dix économies les plus industrialisées du continent. Cette performance témoigne des progrès réalisés au cours des dernières années dans le développement du secteur manufacturier, l’amélioration du climat des affaires et la mise en œuvre de politiques publiques favorables à l’investissement productif.
Le classement 2025 est dominé par le Maroc, qui devient la première puissance industrielle du continent avec un score de 0,8415, devant l’Afrique du Sud (0,8396), l’Égypte (0,7827) et la Tunisie (0,7760). Le Sénégal occupe la huitième position, derrière Maurice, l’Algérie et l’Eswatini, mais devant la Namibie et la Côte d’Ivoire qui complète le Top 10 avec un score de 0,6173.
Pour la BAD, cette progression reflète les efforts entrepris dans le cadre des stratégies nationales d’industrialisation. Au Sénégal, les investissements dans les infrastructures, les plateformes industrielles intégrées, les zones économiques spéciales et la diversification des exportations ont contribué à renforcer la compétitivité du tissu productif national.
Le rapport souligne également que le Sénégal figure parmi les pays africains ayant enregistré les avancées les plus significatives ces dernières années. Avec la République démocratique du Congo, Djibouti, le Gabon, le Bénin, la Mauritanie, la Somalie, la Guinée et le Rwanda, il fait partie des nations qui ont gagné au moins cinq places dans le classement continental.
Au niveau régional, cette performance confirme la montée en puissance de l’UEMOA dans le paysage industriel africain. La présence simultanée du Sénégal et de la Côte d’Ivoire dans le Top 10 illustre l’émergence d’un nouveau pôle industriel en Afrique de l’Ouest, porté par des réformes économiques, une amélioration des infrastructures et une attractivité croissante pour les investisseurs.
L’Indice de l’industrialisation en Afrique repose sur plusieurs critères. Il évalue notamment la valeur ajoutée manufacturière, la part de l’industrie dans le PIB, les exportations de produits manufacturés ainsi que la contribution des pays à la production industrielle africaine. Il prend également en compte les déterminants de l’industrialisation, notamment les investissements privés, les flux d’investissements directs étrangers et l’accès au financement.
Malgré ces avancées, la BAD rappelle que le continent reste confronté à d’importants défis. La valeur ajoutée manufacturière africaine est passée de 285 milliards de dollars en 2020 à 315 milliards en 2024, mais l’Afrique représente encore moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.

