Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) et Quest Ghana Limited ont signé, le 31 août 2026 à Accra et Victoria, un accord définitif de coentreprise pour la création de l’AfCFTA Digital Trade Corridor, une infrastructure numérique destinée à soutenir le développement du commerce intra-africain.
La coentreprise aura son siège à Victoria, aux Seychelles, avec le soutien souverain du gouvernement seychellois. Le projet, évalué par Quest Ghana Limited à 5,17 milliards de dollars, doit notamment permettre la mise en place d’une infrastructure numérique continentale dédiée aux échanges commerciaux.
Le corridor prévoit le développement d’un marché numérique, d’une Bourse africaine numérique des minerais et des matières premières, ainsi que d’un système continental de paiements transfrontaliers interopérables. Il intégrera également des services de logistique, de négociation, de suivi et de règlement des transactions portant sur les minerais et les matières premières.
Cette initiative s’inscrit dans l’ambition de l’AfCFTA d’accroître le commerce intra-africain, actuellement estimé à 200 milliards de dollars, pour atteindre 500 milliards de dollars et au-delà. Elle doit contribuer à réduire les obstacles qui limitent encore les échanges entre les pays africains et à faciliter l’accès aux technologies numériques nécessaires au fonctionnement d’un marché continental intégré de plus de 1,4 milliard de personnes.
La signature intervient après la conclusion d’un protocole d’accord en mars 2026 et l’approbation du projet par le Cabinet seychellois en juillet. Pour Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de l’AfCFTA, « le commerce est le moteur de la prospérité de l’Afrique », tandis que les infrastructures numériques doivent permettre d’accélérer les échanges sur le continent.
Le projet accorde également une place aux micro, petites et moyennes entreprises, aux jeunes et aux femmes commerçants. « Une infrastructure numérique transparente, efficace et inclusive » doit ainsi permettre de connecter les entreprises et les acteurs commerciaux africains, au-delà des seules grandes multinationales.
Pour les Seychelles, l’accueil du siège à Victoria constitue par ailleurs un positionnement stratégique. Le gouvernement estime que le pays peut jouer un rôle de plateforme entre les marchés africains et contribuer, à travers cette initiative, à l’intégration économique du continent.

