L’Afrique de l’Ouest fait face à un déficit annuel de financement du développement estimé entre 90 et 100 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement (BAD). Au-delà de l’insuffisance des capitaux disponibles, la région est confrontée à « une mobilisation encore limitée de ses ressources intérieures », qui réduit la capacité des États à financer les infrastructures et les investissements nécessaires à la transformation de leurs économies.
Selon le rapport exploité par Le Marché, la faiblesse de la mobilisation des ressources intérieures constitue l’un des principaux freins identifiés. Au cours des cinq dernières années, le ratio moyen impôts/PIB de l’Afrique de l’Ouest s’est établi à seulement 9,9 %, alors que le critère de convergence de l’UEMOA est fixé à 20 %.
Cette faiblesse réduit considérablement la marge de manœuvre budgétaire des États et leur capacité à financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements nécessaires à la transformation de leurs économies.
Pour la BAD, l’élargissement de l’assiette fiscale constitue dès lors une priorité. Il s’agit également « de mieux intégrer les activités du secteur informel dans l’économie formelle et d’améliorer l’efficacité de la dépense et de l’investissement publics. »
Ainsi, la BAD préconise « une meilleure utilisation des ressources financières disponibles à l’intérieur de la région. »
Les économies ouest-africaines disposent notamment de ressources issues des systèmes de retraite, des assurances et de l’épargne des ménages qui pourraient davantage être orientées vers le financement de projets productifs de long terme.
Le document identifie ainsi quatre leviers prioritaires : élargir l’assiette fiscale, améliorer la gestion des revenus tirés des ressources naturelles, formaliser les activités économiques informelles et mobiliser davantage l’épargne institutionnelle issue notamment des régimes de retraite et des assurances.
Cette stratégie doit aller de pair avec une intégration financière régionale plus poussée. L’approfondissement des marchés de capitaux, notamment à travers la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), pourrait permettre de mieux canaliser l’épargne vers les entreprises et les projets structurants.

