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Pétrole et gaz : l’Afrique du Sud s’appuie sur le modèle angolais pour attirer les investisseurs

L’Afrique du Sud accélère la transformation de son secteur des hydrocarbures en s’inspirant du modèle de réforme mis en œuvre par l’Angola. Avec l’adoption d’une nouvelle législation sur le secteur amont, la création d’une compagnie pétrolière nationale et la levée du moratoire sur l’exploration du gaz de schiste dans le bassin du Karoo, Pretoria cherche désormais à convertir ces avancées réglementaires en investissements concrets.

Selon NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, l’expérience angolaise constitue un exemple à suivre pour les pays africains qui souhaitent développer leur industrie pétrolière. Dans son ouvrage Crude Oil: Power, Turnaround and Transformation in Angola, il explique que la réussite de l’Angola repose sur des réformes coordonnées aux niveaux juridique, fiscal et institutionnel. « Les réformes réglementaires de l’Angola démontrent que la volonté politique, associée à des cadres fiscaux et juridiques clairs, peut transformer un secteur en amont en l’espace d’un seul cycle politique », affirme-t-il. Il ajoute que « ces réformes offrent des enseignements essentiels à des pays tels que l’Afrique du Sud ».

Depuis l’arrivée au pouvoir du président João Lourenço en 2017, l’Angola a profondément restructuré son secteur pétrolier. La création de l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) a permis de séparer les fonctions de régulation de celles exercées par la compagnie nationale Sonangol. Le pays a également adopté une loi sur le gaz naturel en 2018, instauré un régime d’offre permanente des blocs pétroliers en 2021, qui a conduit à l’attribution de 27 blocs, puis mis en place une loi sur la production incrémentale en 2024 afin de récupérer près de 500 millions de barils supplémentaires sur des champs matures.

Ces réformes ont produit des résultats économiques significatifs. Les investissements directs étrangers ont progressé de 2,59 milliards de dollars, tandis que la production nationale se maintient au-dessus de un million de barils par jour. Les projets en développement représentent désormais près de 70 milliards de dollars d’investissements dans l’amont pétrolier, illustrant le regain de confiance des investisseurs internationaux.

L’Afrique du Sud suit aujourd’hui une trajectoire comparable. La loi sur le développement des ressources pétrolières en amont (UPRDA), promulguée fin 2024, a instauré un nouveau cadre d’octroi des licences et prévoit une participation obligatoire de 20 % de l’État dans les projets. En mai 2025, le gouvernement a créé la South African National Petroleum Company (SANPC) en fusionnant plusieurs entités publiques du secteur. Quelques mois plus tard, Pretoria a levé un moratoire de treize ans sur l’exploration du gaz de schiste dans le Karoo, dont les ressources sont estimées à près de 300 billions de pieds cubes.

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles subsistent. Des recours judiciaires liés aux autorisations environnementales continuent de retarder certains projets offshore de TotalEnergies et Shell, notamment dans les blocs 5/6/7. Les découvertes gazières de Brulpadda et Luiperd, dans le bassin d’Outeniqua, restent également inexploitées, alors qu’elles pourraient générer jusqu’à 25 milliards de rands par an pour la balance des paiements sud-africaine.

Pour les promoteurs des réformes, l’expérience angolaise montre que l’adoption de nouvelles lois ne suffit pas à attirer les capitaux. La rapidité de leur mise en œuvre, la stabilité réglementaire et la cohérence des institutions seront déterminantes pour permettre à l’Afrique du Sud de transformer son potentiel pétrolier et gazier en moteur de croissance.

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