Le Gouvernement sénégalais a décidé de suspendre les importations de riz jusqu’au 15 août 2026 dans le cadre de sa politique de promotion de la production locale et de régulation du marché. La mesure, annoncée dans une circulaire du ministère de l’Industrie et du Commerce datée du 20 juillet 2026, vise à mieux encadrer les volumes importés et à renforcer l’écoulement du riz produit localement.
Selon le document adressé aux importateurs, un nouveau mécanisme d’adossement des importations aux performances d’absorption du riz local est désormais mis en place. Les quotas d’importation seront déterminés en fonction de deux critères principaux : les parts de marché respectives des opérateurs et les volumes de riz local effectivement disponibles et commercialisables.
Pour l’année 2026, le volume global de quotas d’importation attribués s’élève à 600 000 tonnes. Sur cette enveloppe, les importateurs devront également justifier l’achat de 41 929 tonnes de riz local avant toute opération d’importation.
Le plus important quota revient au Comptoir commercial Mandiaye, qui dispose d’une part de marché de 32,41 %, soit un volume autorisé de 194 441 tonnes de riz importé et une obligation d’achat de 13 588 tonnes de riz local. Il est suivi par Louis Dreyfus Commodities, avec une part de marché de 23,28 %, correspondant à un quota de 139 695 tonnes et une obligation d’achat de 9 762 tonnes de riz local.
Parmi les autres opérateurs concernés figurent Suaril Avant, avec un quota de 80 069 tonnes et une obligation d’achat de 5 595 tonnes de riz local, SIPA (48 530 tonnes, dont 3 391 tonnes de riz local), Suaril Madtrans (40 052 tonnes, dont 2 799 tonnes de riz local) et Comptoir Commercial Mariama (CCM SARL) (39 241 tonnes, dont 2 742 tonnes de riz local).
Le dispositif prévoit également des quotas pour Sénégal de Commerce (SENCOM) avec 14 814 tonnes, Oriba-Suaril avec 7 259 tonnes, ainsi que les autres opérateurs représentant une part de marché cumulée de 5,98 %, pour un quota de 35 899 tonnes.
Le ministère précise que le traitement des demandes de Déclaration d’importation de Produits alimentaires (DIPA) sera désormais conditionné à la présentation de justificatifs certifiés attestant de l’achat de riz local et de l’enlèvement effectif des quantités correspondantes.
« Aucune dérogation ne sera accordée à ces exigences », indique la circulaire, qui précise que ces dispositions constituent désormais un « préalable obligatoire à toute opération d’importation ».
Cette décision intervient dans un contexte où l’État cherche à renforcer la souveraineté alimentaire et à soutenir la production rizicole nationale. À travers ce mécanisme, les autorités entendent mieux articuler les importations avec les capacités de production et de commercialisation du riz local.


