La croissance économique du Sénégal devrait ralentir à 4,3% en 2026, contre 6,7% en 2025, selon les projections de la Commission de l’UEMOA. Cette révision à la baisse s’explique par un environnement international contraignant et des perspectives de production pétrolière inférieures aux prévisions antérieures. Sur la période 2027-2030, l’activité devrait progresser à un rythme annuel moyen de 4,8%, tandis que le taux d’endettement public resterait supérieur à 100% du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030.
Dans sa Note de cadrage macroéconomique de l’Union – Perspectives macroéconomiques régionales 2026-2030, publiée en octobre 2026, la Commission précise que la prévision de croissance pour 2026 a été revue à la baisse de 2,4 points de pourcentage par rapport à ses précédentes projections. Le ralentissement intervient après une croissance de 6,7% enregistrée en 2025. Cette année-là, le PIB nominal est estimé à 21 535,2 milliards de FCFA, contre 19 506,3 milliards de FCFA en 2024.
La production pétrolière et gazière constitue l’une des principales hypothèses des projections à moyen terme. La Commission table notamment sur sa montée en puissance progressive, soutenue par le déploiement du Réseau gazier Sénégal (RGS), destiné à acheminer le gaz naturel vers les centrales électriques. Les prévisions intègrent également le Programme spécial de désenclavement, la construction de l’autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis, la modernisation ferroviaire, notamment la ligne Dakar-Kidira et la phase 3 du TER, ainsi que la rénovation des aéroports secondaires. Elles prennent aussi en compte l’Initiative des « Autoroutes de l’Eau » et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2050.
L’inflation attendue à 2% en 2026
Sur le front des prix, l’inflation devrait s’accélérer à 2,0% en 2026, contre 1,4% en 2025. Pour la période 2027-2030, elle s’établirait en moyenne à 2,2% par an.
Du côté de la demande, la consommation finale et l’investissement devraient contribuer à l’activité économique. La Commission prévoit, sur la période 2026-2030, une progression moyenne de 5,7% de la consommation finale et de 7,4% de l’investissement.
Les perspectives de croissance pour 2026 restent tributaires de l’environnement international et de l’évolution de la production pétrolière. La Commission explique la révision à la baisse de ses prévisions par un contexte international contraignant et des perspectives de production pétrolière inférieures aux niveaux précédemment envisagés.
La consolidation budgétaire à l’épreuve de la dette
La situation des finances publiques demeure un enjeu central. En 2025, le déficit budgétaire global du Sénégal est estimé à 6,4% du PIB, contre 13,7% en 2024. Sur la même période, l’encours de la dette est estimé à 117,0% du PIB, contre 121,3% en 2024.
Selon les projections de la Commission, la poursuite des efforts de redressement des finances publiques permettrait de ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB dès 2029. Toutefois, malgré une orientation à la baisse, le taux d’endettement public devrait se maintenir au-delà de 100% du PIB à l’horizon 2030.
Les hypothèses retenues par la Commission prévoient également la poursuite de la consolidation budgétaire et le maintien d’une politique d’endettement prudente, présentées comme des conditions de viabilité de la dette publique. Le document mentionne par ailleurs l’optimisation de la gestion des finances publiques.
Les projections de la Commission pour la période 2026-2030 font ainsi état d’un ralentissement de la croissance en 2026, suivi d’une progression annuelle moyenne de 4,8% entre 2027 et 2030. La réalisation de cette trajectoire repose notamment sur les hypothèses de production pétrolière et gazière, les investissements en infrastructures et la poursuite de la consolidation budgétaire.


