Le secteur de l’énergie a absorbé 165,5 milliards de FCFA de subventions publiques au cours du premier trimestre 2026, selon le rapport d’exécution budgétaire de l’État.
Ce montant représente à lui seul 72,5 % des 228,2 milliards de FCFA de transferts courants consacrés aux « affaires économiques », qui constituent la première destination des dépenses de transfert de l’État.
À fin mars 2026, les transferts courants ont atteint 445,7 milliards de FCFA, soit 35,4 % des prévisions annuelles. Plus de la moitié de ces dépenses, soit 51,2 %, sont orientées vers les affaires économiques.
Après les subventions à l’énergie, les principaux bénéficiaires sont Air Sénégal avec 13,5 milliards de FCFA, la Société nationale de gestion du patrimoine du Train express régional avec 10 milliards, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) avec 4,2 milliards et le Fonds national pour l’entrepreneuriat rapide avec 4,2 milliards.
Le rapport révèle également que les dépenses d’investissement financées sur ressources internes ont atteint 160,8 milliards de FCFA. Les transferts en capital représentent l’essentiel de ce montant avec 157,5 milliards de FCFA, contre seulement 3,3 milliards pour les investissements directement exécutés par l’État.
Les affaires économiques dominent également les transferts en capital avec 135,8 milliards de FCFA, soit 86,2 % du total.
L’agriculture apparaît comme le premier secteur bénéficiaire. Le programme d’augmentation de la productivité et de valorisation des produits agricoles a mobilisé 88,1 milliards de FCFA, dont 82,9 milliards destinés à la campagne agricole et à l’amélioration de la productivité.
Les infrastructures routières ont bénéficié de 14,5 milliards de FCFA tandis que le projet d’acquisition de deux avions pour Air Sénégal a reçu 13,5 milliards de FCFA. Le programme d’investissement SOGEPA (Sukuk) a mobilisé 6,5 milliards.
Le rapport attire toutefois l’attention sur les risques liés à la hausse des cours mondiaux du pétrole. Les autorités estiment que la poursuite des tensions sur les marchés énergétiques pourrait accroître davantage le coût des subventions à l’énergie et peser sur l’équilibre budgétaire prévu pour 2026.
Avec déjà 165,5 milliards de FCFA transférés au secteur énergétique au premier trimestre, la maîtrise de ces dépenses apparaît comme l’un des principaux enjeux de la trajectoire budgétaire de l’année.