La Conférence économique africaine (CEA) 2026 a pris fin le 12 juillet à Abidjan sur un plaidoyer en faveur d’une Afrique plus résiliente, capable de renforcer sa puissance économique dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation des échanges. Organisée conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la rencontre était placée sous le thème : « Renforcer l’action géopolitique et la résilience commerciale de l’Afrique dans un monde multipolaire ».
Durant trois jours, économistes, chercheurs, responsables politiques et experts d’institutions régionales et internationales ont débattu des leviers permettant au continent de consolider sa résilience économique et commerciale.
À la clôture des travaux, Raymond Gilpin, économiste en chef du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD, a appelé à maintenir la dynamique de coopération entre les institutions partenaires. « Les tempêtes économiques mondiales vont continuer à tester les institutions africaines mais elles ne pourront jamais éroder la richesse fondamentale et la résilience des populations africaines », a-t-il déclaré, invitant les partenaires à « combiner leurs efforts, évoluer ensemble dans l’urgence, la clarté et la détermination pour construire une Afrique résiliente et prospère ».
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’adapter les outils d’analyse aux nouvelles réalités économiques. Ida McDonnell, conseillère principale à l’OCDE, a estimé que « le commerce, la dette, l’investissement, les politiques budgétaires, le climat et le financement du développement sont de plus en plus interdépendants ». Selon elle, « la complexité des enjeux politiques actuels requiert une analyse plus intégrée », fondée sur des données mieux partagées afin d’améliorer la qualité des décisions publiques.
Représentant le président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, la vice-présidente principale de l’institution, Marie-Laure Akin Olugbade, a salué des échanges qui serviront de référence aux décideurs. « Les discussions que nous avons eues nous donnent des bases essentielles pour les politiques et les partenariats nécessaires visant à renforcer les capacités d’action géopolitique ainsi que la résilience commerciale de l’Afrique », a-t-elle affirmé.
Pour Ahunna Eziakonwa, sous-secrétaire générale des Nations unies et directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, la priorité est désormais de traduire ces recommandations en actions concrètes. Elle a appelé à lever les obstacles au commerce, investir dans l’entrepreneuriat et l’innovation, renforcer les chaînes de valeur régionales et préparer les jeunes Africains aux mutations de l’économie mondiale. « Dans un monde multipolaire, le principal levier de l’Afrique ne résidera pas dans le choix d’un camp, mais dans le renforcement de sa propre puissance économique », a-t-elle conclu.
L’édition 2026 de la Conférence économique africaine a également été marquée par la tenue de la réunion annuelle du Réseau mondial des économistes en chef des institutions de développement et de financement ainsi que par le lancement du Réseau africain des économistes en chef (ACE Network), destiné à renforcer la coopération entre les experts économiques du continent.
