Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai à Brazzaville, se sont achevées sur un soutien appuyé des gouverneurs à la vision stratégique portée par le président de l’institution, Sidi Ould Tah. Les représentants des pays membres ont notamment validé les « Quatre points cardinaux », la nouvelle feuille de route de la Banque, tout en appelant à accélérer la réforme de l’architecture financière africaine afin de mobiliser davantage de ressources pour le développement du continent.
Réunis sous le thème « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », les travaux ont rassemblé plus de 4 000 participants venus de 81 pays. Ils marquaient les premières assemblées annuelles organisées sous la présidence de Sidi Ould Tah depuis sa prise de fonction le 1er septembre 2025.
À l’issue des travaux, les gouverneurs ont exprimé leur soutien à la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), présentée comme l’un des principaux leviers pour renforcer l’autonomie financière du continent. Ils ont également encouragé les réformes engagées au sein de la Banque afin de rendre l’institution « plus agile, plus flexible et plus proche des bénéficiaires sur le terrain ».
Président des Conseils des gouverneurs de la BAD, le ministre congolais de l’Économie, Ludovic Ngatsé, a indiqué que les États membres avaient « approuvé et encouragé » la vision des Quatre points cardinaux afin de « renforcer la capacité d’action et d’influence de l’Afrique dans un monde de plus en plus fragmenté ».
De son côté, Sidi Ould Tah a salué « l’expression d’un soutien clair, franc et massif » à son projet. Selon lui, les discussions de Brazzaville ont permis d’enclencher « une dynamique d’action, une dynamique de transformation et une dynamique d’intégration » au service du développement du continent.
Les assemblées ont également été marquées par plusieurs annonces financières importantes. L’Angola a annoncé une contribution de 6,5 millions d’euros à la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17). Cette participation porte à 25 le nombre de pays africains contributeurs au fonds concessionnel de la BAD, pour un montant global dépassant désormais 190 millions de dollars.
Autre annonce majeure : plus de 3 milliards de dollars d’engagements ont été mobilisés en faveur du Fonds bleu pour le Bassin du Congo. Ce mécanisme vise à soutenir 17 pays africains dans les domaines de la préservation environnementale, de la gestion durable des ressources naturelles et du développement durable.
Dans le secteur de la santé, le Japon a annoncé un financement de 10 millions de dollars destiné à soutenir la Facilité africaine pour les médicaments et équipements médicaux (AMEF), l’un des programmes prioritaires de la Banque.
Au-delà des questions financières, ces assemblées ont aussi été marquées par une décision politique forte. À l’occasion de la Journée de l’Afrique, le président de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, a annoncé la suppression des visas pour tous les citoyens africains à compter du 1er janvier 2027. Une mesure qualifiée par Sidi Ould Tah de décision « courageuse et profondément panafricaine ».
En clôturant les assemblées, Sidi Ould Tah a réaffirmé son ambition de faire de la BAD une « banque de solutions », davantage tournée vers les résultats, le financement des PME, l’emploi des jeunes et des femmes, ainsi que la transformation locale des matières premières africaines. Pour le président de la Banque, l’Afrique doit désormais mobiliser davantage ses ressources domestiques afin de renforcer sa résilience économique et financière face aux incertitudes mondiales.